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Vos droits : Tu enfanteras (pas forcément) dans la douleur

Nul·le n’est sensé·e ignorer la loi ! Qu’à cela ne tienne… Femmes ici et ailleurs met la loupe sur des questions juridiques de votre quotidien, en partenariat avec la Force juridique de la Fondation des Femmes.

Par Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #40, novembre-décembre 2020  

C’est une première : une mère a saisi la justice en réparation de séquelles uniquement psychologiques qu’elle a gardées des suites de son accouchement. Alors que le contentieux en matière médicale est abondant, il était rare dans le domaine des violences obstétricales. Du moins jusqu’à présent.

Avec Alba Horvat, avocate au Barreau de Paris, membre de la Force juridique de la Fondation des Femmes. © Bazin & Cazelles

Pendant longtemps, le sujet n’était abordé que dans les cercles privés. Et encore. “Il n’était pas simple pour une mère de dire que la naissance de son enfant avait été un moment traumatisant qu’elle aurait préféré s’épargner”, observe Alba Horvat, avocate, membre de la Force juridique de la Fondation des Femmes et coautrice du guide Accouchement, mes droits, mes choix. Lorsqu’un accouchement se passait mal, le corps médical, l’entourage et souvent l’accouchée elle-même se satisfaisaient du fait que le bébé était en bonne santé, sans compter l’effet de la vieille malédiction “tu enfanteras dans la douleur1”.
Au niveau mondial, les pays latino-américains ont été précurseurs dans la reconnaissance de la violence obstétricale “exercée par le personnel de santé sur le corps et les processus reproductifs des femmes, exprimée par un traitement déshumanisant, un abus de médicalisation et une pathologisation des processus naturels”, comme la définit par exemple l’Argentine dans sa loi sur la santé. Certains États ont même prévu des sanctions spécifiques, comme le Chiapas, au Mexique.

Prise de conscience et évolution

Dans notre pays, il faut attendre les années 2010 pour que la question dépasse la sphère intime. Créé en 2013 par Marie-Hélène Lahaye, le blog Marie accouche là pose le débat sur les maltraitances gynécologiques et/ou obstétricales sur la place publique. L’année suivante, le lancement du #Payetonutérus suscite en vingt-quatre heures plus de sept mille réactions de femmes témoignant de différentes formes de violences lors de ces actes médicaux. “Ces maltraitances ne sont pas volontaires de la part des soignant·e·s. Ces dernier·ère·s n’ont souvent pas conscience d’en être à l’origine. Une partie de la maltraitance est dite ‘ordinaire’ car banalisée ; elle passe inaperçue. Nul·le n’est en mesure d’indiquer l’ampleur du phénomène”, observe le Collectif inter­associatif autour de la naissance (Ciane). La remise en cause récente de routines et de dogmes (dont l’administration d’ocytocine de synthèse pour accroître le rythme et l’intensité des contractions ou l’usage de l’expression abdominale qui consiste à appuyer fortement sur le ventre de la femme afin d’accélérer l’accouchement) a peu à peu conduit à faire évoluer les pratiques au profit de gestes moins brutaux. Mais il reste encore du chemin à parcourir.

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© Melissa Dufour – Simpacid

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En partenariat avec :  
La Fondation des Femmes est une structure qui collecte des fonds et opère leur redistribution vers les associations. Elle mobilise également l’arme du droit dans la lutte contre les violences sexistes, via sa Force juridique, composée d’avocat·e·s et de juristes engagé·e·s. La Fondation des Femmes est également à l’initiative de plusieurs campagnes de sensibilisation du grand public. Pour en savoir plus : fondationdesfemmes.org