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Santé : Touche (pas) à mon ventre

Les femmes enceintes deviennent souvent le centre d’intérêt de leur entourage, proche, moins proche et même de simples passant·e·s. Certaines apprécient ces attentions, mais d’autres les ressentent comme des ingérences dans leur vie privée. Et si on demandait tout simplement leur avis aux femmes ? 

Par Justine Coron et Roberta Zambelli
Paru dans Femmes ici et ailleurs #25, mai-juin 2018 

De la tante Germaine aux parfait·e·s étranger·ère·s dans la rue, chacun et chacune semble avoir le droit de se mêler de la grossesse d’une femme. Comme pour celui de Bouddha, on semble considérer que caresser un bidon rebondi serait porteur de chance… Des personnes d’ordinaire plutôt pudiques et réservées peuvent devenir subitement tactiles et même indiscrètes face à une femme enceinte. 

Lors de mes deux grossesses, j’ai eu l’impression que mon corps ne m’appartenait plus. Les gens se permettaient de toucher mon ventre sans m’en demander l’autorisation ou encore de me poser des questions sur des aspects de ma grossesse et de ma vie que je n’avais pas envie de partager avec la terre entière. Je l’ai vécu comme une forme d’intrusion”, témoigne Fanny Cholley, mère de deux filles. 

picasso reve peinture ventre grossesse
Le rêve, Picasso, 1932

Une situation que connaît bien Clarence Edgard-Rosa, journaliste et autrice du blog Poulet Rotique. Elle explique : “Tout le monde y prend part comme, par exemple, la dame dans la file d’attente d’un supermarché qui vous touche et trouve ça non seulement normal, mais mignon. Il est socialement accepté d’avoir la main d’un·e inconnu·e sur le ventre alors que la même main sur les fesses ne l’est pas. Mais pour moi, c’est pareil.” Lorsque cette situation se présentait, la journaliste jouait la fausse naïve et demandait : “Vous ne trouvez pas un peu curieux de me toucher, étant donné qu’on ne se connaît pas ? Les gens étaient gênés, ils se rendaient compte de ce qu’ils faisaient.” 

Si le tripotage de ventres de femmes enceintes est un classique, un autre est l’avalanche de conseils, d’avis, de points de vue que la société se sent habilitée à infliger aux futures mères. Il ne s’agit bien sûr pas là de recommandations émanant de médecins et praticien·ne·s de santé, mais par exemple de collègues qui estiment que vous ne devriez pas travailler autant, de la serveuse ou du serveur qui va se permettre de vous dire ce que vous devez choisir sur le menu, ou de la personne au contrôle des billets à l’entrée d’un concert qui va décider si vous pouvez aller ou non écouter votre artiste préféré·e… 

C’est comme si l’enfant en devenir appartenait à tou·te·s, et qu’il fallait aider la femme enceinte à mener ce projet à bout. Ces comportements sont souvent l’expression de peurs de chacun·e et sont pesants pour la mère. L’idée qu’elles pourraient faire mal au bébé est très culpabilisante”, explique Éliette Bruneau, sage-femme libérale à La Possonnière (Maine-et-Loire), à qui les patientes confient régulièrement ce genre d’histoire. 

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