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Reportage : La réussite par les échecs [Nigeria]

Comme dans la plupart des pays en voie de développement, une vague d’inflation liée à la pandémie de coronavirus sévit dans les bidonvilles de Lagos, la capitale du Nigeria, et entraîne des déscolarisations en cascade. À Makoko, où la situation de l’éducation était déjà critique, les filles sont les premières touchées par le phénomène. Mais une association tente de colmater les brèches grâce… aux échecs.

Récit de Théophile Simon
Paru dans Femmes ici et ailleurs #49, mai-juin 2022

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Une élève joue aux échecs dans l’une des rares écoles du bidonville de Makoko, à Lagos, capitale économique du Nigeria. © Sadak Souici

Janvier Houedouto et Fidèle Nakouté quittent sans bruit leur petite case, enjambent la rambarde de leur pirogue et appareillent dans le petit matin. Le chant d’un coq résonne au loin, des clameurs sourdes fusent à travers les murs en bois de petites maisons sur pilotis, un soleil orangé perce la brume tropicale. Makoko, le plus grand bidonville flottant d’Afrique, s’éveille. Niché au cœur de Lagos, la capitale économique nigériane, cet immense dédale de canaux aux eaux noires abrite quelque 200 000 âmes, vivant pour la plupart en situation d’extrême pauvreté. “Tous les matins, nous sillonnons le quartier en pirogue pour aller récupérer nos élèves à domicile et les emmener en classe ”, raconte Janvier Houedouto, directeur de l’école de la Sagesse divine, un petit établissement planté au cœur du bidonville. “Si nous ne le faisions pas, les parents n’enverraient pas leurs enfants à l’école. La plupart sont analphabètes, elles et ils n’en voient pas vraiment l’intérêt ”, ajoute son collègue Fidèle Nakouté, en faisant embarquer une petite fille assise devant chez elle, cartable sur le dos. La frêle embarcation se remplit peu à peu d’élèves aux regards encore embués de sommeil. Au détour d’un canal, pourtant, un père de famille refuse de laisser embarquer trois de ses six enfants. “Je n’ai pas suffisamment d’argent pour tous les envoyer à l’école aujourd’hui ”, lâche Philip Agosu, un pêcheur de 45 ans. Janvier Houedouto tente de parlementer quelques minutes, mais doit bientôt se résigner. “Depuis l’éclatement de la pandémie de Covid-19, il devient de plus en plus difficile de convaincre les parents de nous confier leur progéniture, soupire-t-il. Même si l’école est quasi gratuite, nous demandons quand même une petite participation pour la nourriture des enfants et les craies. Or, même cela, de plus en plus de gens ne peuvent plus se le permettre, car ils se sont appauvris de manière vertigineuse.

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Les canaux de Makoko, le plus grand bidonville flottant du monde. Surnommé « la Venise d’Afrique », il abrite près de 200 000 habitant·es, tous et toutes en dessous du seuil de pauvreté. © Sadak Souici

Immense vague d’inflation

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