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Femmes ici et ailleurs

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Parole d’experte : Quels sont les liens entre féminisme et écologie ?

Les militantes sont nombreuses, et de plus en plus souvent en tête, dans les associations de protection de la nature et les marches pour le climat. Les femmes, premières victimes des catastrophes écologiques, sont-elles “naturellement” liées à la défense de la planète ? Comment écologie et égalité peuvent-elles mutuellement se renforcer  ?

Propos recueillis par Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #35, janvier-février 2020

© Agnès Hauck

Biographie express
Historienne des sciences et de l’environnement, Valérie Chansigaud est chercheuse associée au laboratoire Sphere (Paris-Diderot – CNRS). Elle étudie en particulier les relations entre les humains et la nature. Valérie Chansigaud donne régulièrement des conférences grand public et est intervenue lors du festival Nature : le regard au féminin, qui s’est tenu à Perpignan, en octobre dernier. Elle a récemment publié Les Français et la nature, pourquoi si peu d’amour ? aux éditions Actes Sud, et Les combats pour la nature, de la protection de la nature au progrès social, chez Buchet-Chastel.

Existe-t-il une convergence historique entre la défense des droits des femmes et celle de l’environnement ?

De nombreuses femmes sont engagées, dès le 18e siècle, dans les combats pour la nature et la défense des animaux, qui sont deux luttes différentes mais liées par de multiples passerelles communes. Par exemple, la Britannique Mary Wollstonecraft (1759-1797), l’une des premières féministes de l’histoire, est également défenseuse des animaux. Au milieu du 19e siècle vont apparaître des discours qui mettent sur le même plan la souffrance animale et celle des femmes. C’est le cas en particulier dans les mouvements de lutte contre la vivisection, essentiellement menés par des femmes. Des féministes comme Marie Huot (1846-1930) expliquent ainsi que ces médecins qui font des expériences brutales et cruelles sur des animaux sont les mêmes qui soignent mal et qui ne prennent pas en compte les souffrances féminines. Durant la deuxième moitié du 19e siècle, de nombreuses sociétés de protection des oiseaux sont créées, en Europe et aux États-Unis. Leurs membres sont en majorité des femmes… Même s’il y a presque toujours des hommes aux postes de direction.
Les femmes vont continuer à occuper une place très importante dans les combats pour la nature, comme Rachel Carson1, qui a dénoncé l’utilisation délirante des pesticides. Ses livres ont eu un succès phénoménal. Rachel Carson va mettre sa notoriété au service de l’écologie, ce qui lui sera reproché avec une très grande violence. Par exemple, le fait qu’elle n’ait pas eu d’enfants est vu par ses détracteurs comme étant la preuve de son communisme et son travail a été déconsidéré, sur le thème : “Les femmes sont dans l’hypersensibilité et non la rationalité. Elles ne sont pas capables de juger scientifiquement ces questions.”

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