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Femmes ici et ailleurs

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Parole d’experte : Vers un accès égalitaire à l’espace public ?

Femmes et hommes n’ont pas le même usage des villes, en particulier des espaces extérieurs et des équipements collectifs. Un constat rarement fait, qui pose la question de l’égalité devant la dépense publique, de l’exercice des droits réels, mais aussi de la construction de la citoyenneté pour tous et toutes. Pourtant, des solutions simples existent.

Propos recueillis par Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #43, mai-juin 2021

Biographie express
Édith Maruéjouls est docteure en géographie. Elle a soutenu en 2014 sa thèse Mixité, égalité et genre dans les espaces du loisir des jeunes. Pertinence d’un paradigme féministe. Fondatrice du bureau d’études L’Arobe, l’atelier recherche observatoire égalité, elle accompagne les collectivités locales à la définition et à la mise en œuvre de politiques intégrant l’égalité, en particulier dans l’espace public.

Les villes sont-elles faites par et pour les hommes ?

La ville a été un lieu d’émancipation pour les femmes, où elles ont accédé au travail, à une vie sociale et gagné une part de liberté grâce à un anonymat relatif. Pourtant, si les femmes sont aussi nombreuses que les hommes aujourd’hui dans l’espace urbain, elles y sont ”fuyantes”, invisibles. Leurs déplacements relèvent de ”petites” mobilités, de l’ordre du kilomètre, qui ne ”font pas sens”, vis-à-vis des questions d’aménagement de la ”grande ville” avec ses boulevards et ses périphériques. Les problématiques des femmes sont considérées de moindre valeur que celles des hommes : leur sentiment d’insécurité, ou la façon dont elles doivent articuler leurs temps sociaux (le travail, la sortie de l’école, les courses…).

Observer une place publique donne souvent l’impression que les hommes ”occupent le terrain”, pendant que les femmes se pressent d’un endroit à l’autre…

Les femmes n’ont pas un égal accès à la liberté et à l’insouciance dans l’espace public où s’expriment des stéréotypes sexistes. Ils remettent en cause leur droit à être là, où et quand elles le veulent, leur droit à se déplacer ou à s’arrêter, et leur imposent des stratégies d’évitement. Les femmes immobiles subissent des réflexions qui vont les remettre en mouvement. Être dehors est une question de droit, mais aussi d’envie et de légitimité. Comment nos sociétés signifient-elles aux filles, aux femmes, qu’elles sont les bienvenues dehors, quels que soient l’heure, le lieu ou leur tenue ? Aucun message ne leur est envoyé pour qu’elles se sentent à l’aise dans l’espace extérieur. Ni l’affichage public, qui pourrait diffuser des messages encourageant l’égalité au lieu de publicités qui marchandisent le corps des femmes et contribuent à les insécuriser. Ni nous, collectivement : comment est-il possible d’entendre dire que 100 % des Franciliennes ont été harcelées dans les transports en commun, sans que personne ne l’ait jamais remarqué ?

© Kaique Rocha / Pexels

D’où vient cette inégalité dans l’utilisation des espaces communs ?

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