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Parole d’experte : Pourquoi le plafond de verre résiste-t-il toujours en politique ?

Les lois sur la parité ont fait considérablement avancer la place des femmes en politique. Mais les fonctions les plus importantes restent très souvent occupées, en France, par des hommes. La politiste et sociologue Janine Mossuz-Lavau, qui observe depuis près de cinquante ans les comportements politiques, en lien avec le genre, nous apporte quelques explications sur cette digue qui refuse toujours de céder.

Propos recueillis par Pierre-Yves Ginet
Paru dans Femmes ici et ailleurs #49, mai-juin 2022

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© Philippe Matsas

Biographie express
Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS
au Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris). Politiste, sociologue, elle travaille sur les comportements politiques, sur le genre, sur les sexualités et aussi sur le thème littérature et politique. Sur le genre, elle a publié plusieurs ouvrages, Enquête sur les femmes et la politique (en collaboration avec Mariette Sineau), 1983, Les femmes et la politique (codirigé avec Armelle Le Bras-Chopard), 1997, Hommes/Femmes, pour la parité, 1998, Quand les femmes s’en mêlent : genre et pouvoir (codirigé avec Christine Bard et Christian Baudelot), 2004, Guerre des sexes : stop ! 2009. Janine Mossuz-Lavau a été membre de l’Observatoire de la parité, directrice pédagogique du programme Copernic et enseignante à Sciences Po Paris (cours sur le genre et la politique). Romancière à l’occasion, elle a publié en septembre 2021 Désir de nuit. De Virgile à Jean Genet (Éd. Bouquins).

Vous observez depuis longtemps la place des femmes sur la scène politique. Comment appréhendez-vous les évolutions actuelles ?

Depuis 1976, lorsque j’ai signé mon premier article dans une revue scientifique, la société s’est libérée de certaines traditions, elle est moins corsetée. Le niveau d’études des Français et plus encore des Françaises s’est considérablement élevé. Et bien sûr, il y a aussi une ouverture sur le monde qui n’existait pas auparavant. Ce mouvement de fond a entraîné une montée de l’individualisme, qui ne doit pas être entendu comme un égoïsme, mais comme une conquête d’autonomie, une émancipation vis-à-vis des prescriptions imposées par les communautés d’appartenance. 
Les femmes ont clairement accédé à davantage de responsabilités dans tous les domaines, notamment en politique. Mais il faut toujours se rappeler que la France a été l’un des derniers pays d’Europe à avoir adopté le droit de vote des femmes et qu’elles ont été exclues de toute décision politique jusqu’en 1945. Si on raisonne sur le temps historique, c’est assez récent. Et des évolutions aussi profondes ne se font pas en un clin d’œil. D’où parfois une impression de lenteur dans la représentation des femmes en politique, dénoncée par les féministes. Je suis tout à fait d’accord. Mais des progrès importants ont été enregistrés, les femmes occupent aujourd’hui une part des postes de pouvoir qui n’est pas comparable avec celle d’il y a vingt ans. En réalité, nous allons très vite dans ce domaine.

Peut-on revenir sur les lois concernant la parité en politique ? Selon vous, ont-elles été suffisantes ?   

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