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Parole d’experte : La culture viriliste a-t-elle un coût financier pour la société ?

L’immense majorité des crimes et délits sont commis par des hommes, rappelle l’historienne Lucile Peytavin ; laquelle, en calculant le coût pour l’État de cette violence masculine, interroge l’impact de l’éducation genrée sur la société. Explications.

Propos recueillis par Pierre-Yves Ginet et les adhérentes du Club Femmes ici et ailleurs
Paru dans Femmes ici et ailleurs #44, juillet-août 2021


© Céline Nieszawer

Biographie express
Titulaire d’un doctorat en histoire portant sur le travail des artisan·e·s-commerçant·e·s en milieu rural, Lucile Peytavin a travaillé en tant que chargée de mission à l’égalité professionnelle et au dialogue social pour l’Union des entreprises de proximité.En 2016, elle rejoint le Laboratoire de l’égalité, où elle travaille sur la lutte contre la précarité des femmes. Le Coût de la virilité (éditions Anne Carrière, 2021) est son premier essai.

Votre livre cible la “virilité”. Comment la définissez-vous ?

Je suis revenue à l’étymologie du mot. En sanskrit, le terme signifie ”le héros”. La virilité est une notion qui rassemble les attributs de force, de puissance, et qui définit, dans nos sociétés, ce qu’est être un homme. Cette notion a été théorisée et valorisée depuis l’Antiquité. L’arc-boutant de la virilité, c’est la force, qui induit des démonstrations de domination, d’agressivité, de contrôle de son environnement ; et pousse les hommes vers des comportements délictuels et criminels – des comportements  ”asociaux” – dans des proportions bien plus importantes que les femmes.

Comment peut-on définir le coût de la virilité ?

Je suis partie des statistiques des mini­stères de l’Intérieur et de la Justice, selon lesquelles l’immense majorité des faits de délinquance et de criminalité sont commis par des hommes. Ils constituent 83 % des mis·es en cause par la justice, 90 % des personnes condamnées. Ils sont surreprésentés dans toutes les catégories d’infraction, notamment les plus graves : 99 % des viols, 86 % des homicides, 84 % des accidents mortels sur la route, 85 % des vols avec violence… Or, tous ces comportements ont un coût. Un coût humain bien sûr, mais aussi un coût économique direct pour l’État, avec les frais de justice, de police, de santé, etc. Ils ont également un coût indirect, supporté par la société, lié aux souffrances physiques et psychologiques des victimes. Pour obtenir le coût de la virilité, j’ai donc calculé la différence entre les sommes dépensées pour faire face aux comportements asociaux des hommes et celles liées aux comportements asociaux des femmes. Ce surcoût – le coût de la virilité – correspond à ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes.

Quel est donc le coût de la virilité pour la France, chaque année ?

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