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“Nous sommes dévasté·es, mais ensemble, nous reconstruirons tout” [Ukraine-Russie]

L’une est ukrainienne, l’autre russe. Oleksandra Matviichuk est membre du Centre pour les libertés civiles en Ukraine ; Natalia Morozova, de l’ONG Memorial1, récemment dissoute par Moscou. Alors que l’agression russe contre l’Ukraine se poursuit, elles ont accepté d’échanger en direct, la première depuis Kyiv, entre deux sirènes d’alerte, la seconde de Paris, où elle s’est réfugiée début mars. Dans ce dialogue au-delà des bombes, elles parlent de la guerre, du rôle des femmes dans les résistances, de leurs combats, mais aussi de leurs espoirs communs. Un entretien exclusif pour Femmes ici et ailleurs.

Propos recueillis par Audrey Lebel
Publié dans Femmes ici et ailleurs #49, mai-juin 2022

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Une femme marche dans une rue de Boutcha, dans la périphérie de Kyiv, le 3 avril 2022. © Rodrigo Abd/AP Photo/Sipa

Biographie express

Oleksandra Matviichuk
Juriste de formation, Oleksandra Matviichuk dirige le Centre des libertés civiles, (Center for Civil Liberties), visant à protéger les droits humains et à construire la démocratie en Ukraine. Elle coordonne également les bénévoles de l’association Euromaidan SOS, créée en 2014 lors de la révolution ukrainienne. Cette ONG collecte depuis le début de l’invasion russe les preuves de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Oleksandra Matviichuk est la première femme à avoir participé au programme des leaders émergeant·es d’Ukraine à l’université américaine de Stanford. 

Natalia Morozova
Pendant dix-huit ans, Natalia Morozova a été journaliste. En 2012, alors qu’elle couvre les procès de manifestant·es jugé·es pour avoir participé aux plus grands rassemblements qu’ait connus la Russie depuis la chute de l’Union soviétique, elle est frappée par le courage des avocat·es de la défense. Elle reprend alors des études de droit et, depuis 2019, elle est l’une des juristes de l’ONG Memorial, dissoute en décembre par les autorités russes. Dans son pays et devant les institutions internationales telles que la Cour européenne des droits humains, elle défend les personnes persécutées en Tchétchénie, en Crimée et en Russie.

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Oleksandra Matviichuk © Stephan Pramme
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Natalia Morozova, DR

Avez-vous l’impression qu’en Occident, le quotidien de ces deux populations du fait d’un seul homme, Vladimir Poutine, est parfois mis sur le même plan ?

Natalia Morozova : Je voudrais commencer par dire à Oleksandra  que je suis désolée. Il est douloureux d’être dans ma position aujourd’hui pour échanger avec toi. Je ne sais pas comment exprimer mes sentiments alors que je représente le pays agresseur. Il y a beaucoup de culpabilité. Sachez que tou·tes les Russes ne sont pas pour la guerre. Je présente mes excuses, au nom de toute la société civile russe, d’en être là, de ne pas avoir été capables d’empêcher ce qu’il se passe aujourd’hui. 

Oleksandra  Matviichuk : J’ai surtout le sentiment que l’Occident, – et l’Europe en l’occurrence –, exprime énormément de solidarité à l’égard de l’Ukraine, mais sans véritablement faire le nécessaire pour aider vraiment mon pays. L’un des seuls médias russes indépendants, Meduza, a révélé que l’économie russe s’adaptait parfaitement aux sanctions occidentales et continuait à financer la guerre.

Quel est votre quotidien depuis le début de l’invasion russe en Ukraine ?

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