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Lisa Otton : Au chevet du désert médical [France]

Médecin généraliste, Lisa Otton se démène sur un territoire médicalement sinistré pour permettre au plus grand nombre d’avoir un accès normal aux soins.

Par Pierre-Yves Ginet
Paru dans Femmes ici et ailleurs #14, printemps 2016

Lisa Otton médecin désert médical Roanne
© Pierre-Yves Ginet

Il y a quelques semaines, l’Association des petites villes de France alarmait encore sur la recrudescence des déserts médicaux. Dans les territoires ruraux, mais aussi, dans les petites villes. Au-delà de ces appels, ici et là, des initiatives émergent.

Depuis son plus jeune âge, Lisa Otton a la médecine chevillée au corps. Une médecine qui selon elle, doit mettre l’humain au cœur de tout. “J’ai une jumelle autiste atypique, avec troubles envahissants du comportement, qui a grandi dans les hôpitaux. J’avais deux ans, on me la présentait dans un lit à barreaux, attachée.” Les choses ont beaucoup évolué, mais la jeune femme demeure marquée. Elle avait six ans, sa mère lui lançait : “Si tu veux changer le système, il faut que tu sois médecin !” Les jeux étaient faits.

Après avoir réussi le concours de médecine, à Lyon, l’étudiante multiplie les échanges avec les professeur.e.s, sur l’éthique, la relation médecin-patient·e. Ses enseignant·e·s lui rabâchent qu’elle a toutes les qualités d’une très bonne spécialiste et que ce serait “du gâchis” si elle devenait généraliste. Évidemment, son choix se porte sur la médecine générale : “On connait les gens, on les accompagne au fil des années.” Lisa Otton rejoint alors un syndicat d’internes de médecine générale. Son groupe crée, en 2005, un collectif de la santé solidaire, réunissant des généralistes, en fonction ou en devenir et des associations de patient·e·s qui se posent des questions sur le système de soins.

De cette période syndicale très active, la docteure se rappelle notamment les propos d’un de ses confrères : “La médecine générale a toujours ramassé les miettes. Vous devez apprendre, comme nous, à ramasser les miettes.” Le fait est que chaque année, en faculté, des places restent vides en médecine générale. “Pour ma thèse, j’ai voulu tenter de comprendre comment les étudiant·e·s s’orientent vers une spécialité.” Son étude révèle que la médecine générale est davantage choisie par les étudiant·e·s issus de milieux modestes et que la dévalorisation universitaire fait son œuvre, pour celles et ceux qui l’envisageaient. “Je me retrouve aussi face à des jeunes qui me répètent : ça me fait rêver, mais les conditions de travail… laisse tomber !” 

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