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Les 24 et 25 juin, Lyon accueille les premières journées internationales des masculinités

C’est une première en France. Cinq associations de lutte contre les violences faites aux femmes (Quartiers du monde, Filactions, Le monde selon les femmes, CAP -Coopération pour l’abolition du patriarcat- et Issue de Secours-Rialto-SOS Femmes 38) se sont réunies pour organiser des journées de rencontres autour des masculinités. Dans la ville de Lyon ce vendredi 24 et samedi 25 juin, des conférences et ateliers se tiendront gratuitement, à destination de toutes et tous. Marion Ghibaudo, chargée de mission pour l’association Issue de Secours présente le but de ces rencontres inédites.

Propos recueillis par Romane Guigue

Comment est née l’idée de créer ces journées internationales des masculinités ?

Simon Dubois-Yassa, qui avant travaillait pour l’ONG Quartiers du Monde, a eu l’occasion de travailler sur les stages destinés aux hommes auteurs de violences envers les femmes. De là a émergé une première réflexion autour des masculinités. Les premières réunions inter-associations ont eu lieu en 2020. Il était surtout question pour nous, membres des différentes associations, de discuter, de savoir comment faire entrer cette question des masculinités dans notre travail au quotidien, pour travailler et développer nos projets avec des hommes alliés aux luttes contre les violences de genre. A cette époque, je travaillais pour Filactions (une association de prévention des violences sexistes et conjugales), donc auprès des femmes et des enfants victimes. Et en réalité, en ne parlant pas de masculinités, il nous est apparu qu’il y avait tout un pan manquant dans notre travail. Les réunions avec les autres associations nous ont permis de récolter des savoirs concrets, venant du terrain et les mélanger avec les expériences des travailleur·ses sociaux·ales par exemple, de s’enrichir. Et puis petit à petit, nous avons décidé de mettre en place des rencontres, ouvertes à toutes et tous, autour des masculinités.

Comment avez-vous imaginé ces rencontres ?

Assez rapidement, nous avons eu envie de tisser un réseau français, qui réunirait tous les acteurs et toutes les actrices concerné·es par ces questions. Ces réseaux existent à l’international, en Belgique, au Québec, mais pas en France. Nous voulons ouvrir de nouvelles pistes de réflexions émancipatrices, égalitaires et non-violentes pour sortir du patriarcat et du capitalisme enfermant.

Comment avez-vous pensé ces rencontres pour qu’elles soient accessibles au plus large public possible ?

Chacun·e a posé sur la table les thématiques qu’elle ou il souhaitait voir aborder lors de ces journées. Nous avons aussi beaucoup écouté les retours provenant du terrain, des personnes qui travaillent directement au contact des bénéficiaires de nos associations. Sont ainsi nés les grands thèmes que nous souhaitions aborder et qui transversalement aborde la question des masculinités : le réchauffement climatique et l’écologie, les violences de genre, la paternité, l’égalité femmes-hommes dans le monde professionnel… Il était hors de question que ces rencontres ne soient animées que par des universitaires, des chercheur·ses, des têtes pensantes. Nous tenions vraiment à ce qu’il y ait un maillage de tout le monde, qu’il y ait à la fois des ateliers très pratico-pratiques, concrets, et des conférences davantage orientées vers la sociologie par exemple. L’idée, c’est que les théories et analyses évoquées par les universitaires lors de ces rencontres trouvent des échos concrets lors des ateliers, pour pouvoir directement les mettre en action. Lorsque l’on veut se renseigner sur le féminisme, on ne peut pas se contenter de savoirs uniquement universitaires ou expérientiels. L’un et l’autre se nourrissent mutuellement et sont indispensables.

Qu’attendez-vous vous-mêmes de ces journées ?

Forcément, nous attendons qu’elles servent à quelque chose, qu’elles permettent d’ouvrir des portes, qu’elles servent de pistes de réflexion à toutes les échelles, pourquoi pas pour lancer des initiatives locales ou à toute petit échelle. Tels que nous les avons pensés et conçus, les ateliers ont vocation à être utiles à tout le monde, en allant des entreprises aux associations qui travaillent avec des hommes. Je crois qu’il faut nous fassions toutes et tous preuve d’humilité. Nous ne cessons jamais d’apprendre et c’est tant mieux. Nous devons nous enrichir les un·es et les autres, c’est à cela que nous voulons que servent ces rencontres.

Photo d’illustration © Lucie Appart

Le programme des rencontres :

Journée du 24 juin : Masculinités hégémoniques et violences de genre

  • Introduction des rencontres par Monsieur le Maire de Lyon, Grégory Doucet : 9h – 9h30
  • Présentation des rencontres : 9h30 – 11h
    Intervenant.es : Coline Seveau – Filactions (France), Natalia Resimont – Quartier du monde (Belgique), Simon Dubois-Yassa – Le Monde selon les Femmes (Belgique), Marion Ghibaudo – Issue de secours – Rialto (France).
  • Table ronde d’ouverture : 11h-13h – Masculinités et prévention des violences.
    Intervenant.es : Javier Omar – co-fondateur du collectif « Hombres y masculinidades » (Colombie), Alassane Faye – GRAINE entité membre fondatrice du réseau Sud-Sud-Nord « Femmes du monde » (Sénégal), Annie Lechenet – maitresse de conférences à l’Université Lyon 1 (France), Violaine Dutrop – autrice et présidente de Egaligone (France), Ndèye Fatou Kane – présidente de l’ONG Equipop (Sénégal/France)
  • Ateliers simultanés de travail ou ludo-pédagogiques : 14h – 17h
    – Atelier 1 : Projection-débat du film documentaire « Dans le noir les hommes pleurent » en présence du réalisateur Sikou Niakate.
    – Atelier 2 : Masculinités et paternités co-responsables, démocratiques et affectives.
    – Atelier 3 : Café-Monde – S’outiller pour promouvoir l’égalité auprès des hommes.
    – Atelier 4 : Promouvoir l’égalité auprès des hommes: quelles alliances et quelles résistances ?
    – Atelier 5 : Comment prévenir les violences sexistes chez les garçons ?
    – Atelier 6 : Penser l’égalité en entreprise et dans l’organisation du travail.

Journée du 25 juin : Masculinités et développement durable

  • Introduction de la journée : 9h – 10h
  • Accueil et récapitulatif des thématiques de la veille
  • Table-ronde : 10h – 12h – Nouveaux paradigmes pour plus d’égalité
    Intervenant.es : Bénédicte Fontaine – doctorante à l’UCLuvain (Belgique), Javier Omar Ruiz Arroyave – co-fondateur du collectif « Hombres y Masculinidades (Colombie), Armel Campagne (Angleterre), Katrien Van der Heyden – Men Engage (Belgique).
  • Ateliers de l’après-midi : 14h – 17h
    – Atelier 1 : Masculinités, co-responsabilité face au dérèglement climatique
    – Atelier 2 : Comment la couvade, syndrome et rituel, inscrit le futur père dans sa relation avec l’enfant à naitre ?
    – Atelier 3 : Comment l’écoféminisme ouvre un champ des possibles pour repenser la culture masculine hégémonique ?
    – Atelier 4 : Être un homme : du combien ça coûte au combien ça nous coûte
    – Atelier 5 : Marchandisation des corps des femmes

Retrouvez l’intégralité du programme et la liste des intervenant·es sur le site des rencontres.