fbpx

Femmes ici et ailleurs

Un Magazine et un Club 100 % inspiration

Reportage : La balle au bond [Cambodge]

Dans un pays qui compte un demi-million de personnes handicapées et souvent discriminées, ces femmes sont devenues la fierté de leur petite nation. Pour hisser les couleurs du Cambodge jusqu’aux compétitions internationales, les douze Battambang Roses, qui forment la première équipe nationale féminine de basket en fauteuil roulant, s’entraînent sans relâche, portées par un puissant esprit de solidarité. Elles multiplient les victoires, sur et en dehors du terrain.

Texte de Louise Pluyaud – collectif Focus
Photographies de Lauren DeCicca et de Benjamin Filarski

Paru dans Femmes ici et ailleurs #37, mai-juin 2020 

Des membres de l’équipe nationale de basket en fauteuil roulant du Cambodge, au stade Gelora Bung Karno à Jakarta, en Indonésie, en octobre 2018, lors d’un match contre la Chine pendant les Asian Para Games. C’était la première fois que le Cambodge se qualifiait pour ces jeux.

Province de Battambang, à l’ouest du Cambodge. Sous le préau du plus grand centre de réadaptation physique du pays, une jeune fille amputée d’une jambe essaie sa nouvelle prothèse. Elle avance hésitante sous le regard d’un physiothérapeute en blouse blanche. Plus loin, dans une grande salle, un homme allongé sur un lit regarde une vidéo dans laquelle une femme en fauteuil roulant explique comment se relever en cas de chute. Dehors, la température avoisine les trente degrés. Un vent chaud et humide pénètre par la fenêtre, en même temps que des cris d’encouragement : “Vise haut et marque. Bravo !
Les Battambang Roses ont investi le terrain de basket, situé à l’arrière du centre. Casquette vissée sur la tête, regard imperturbable, Sieng Sokchan, la capitaine et coach de l’équipe, analyse les passes de ses joueuses. Âgées de vingt et un à trente-huit ans, toutes font preuve d’une impressionnante coordination et flexibilité de mouvement. Tourner ses roues. Rattraper. Passer le ballon. Lancer. Marquer. “Je ne m’en serais jamais crue capable. Et je n’ai qu’une seule main valide”, sourit Ek Srey Mom, paralysée du côté droit après avoir contracté une polio quand elle avait cinq ans. Des manguiers et des frangipaniers en fleurs accordent des points d’ombre au terrain à ciel ouvert. Lorsque le soleil tape trop fort, “je privilégie des séances d’étirement”, explique la coach. Rares sont les temps morts. L’entraînement a lieu du vendredi au dimanche. “En période de mousson, nous jouons parfois sous la pluie. Rien ni personne ne nous arrête.

Une première équipe en Afghanistan

L’histoire des Battambang Roses débute il y a huit ans. Lorsque le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), fondateur et cogérant du centre, lance un projet de thérapie par le sport. Entraîneur américain de basket en fauteuil roulant, Jesse Markt propose alors de partager sa discipline avec ces patient·e·s. Depuis des années, il s’investit pour offrir aux habitant·e·s de pays pauvres et déchirés par les conflits armés l’occasion de bénéficier des effets positifs de ce sport d’équipe. En 2009, il se rend en Afghanistan pour entraîner une équipe d’hommes et de femmes en situation de handicap physique. Le programme est un succès. Le CICR lui demande alors de le répliquer dans d’autres pays dont l’Inde, la Palestine, le Soudan du Sud et le Cambodge.

​Vous avez envie de lire cet article ? Il vous suffit d’adhérer au Club Femmes ici et ailleurs.

Vous êtes déjà adhérent·e Découverte digitale, Découverte combiné, Exploration ou Exploration digitale, Liberté ou Liberté digitale ? Connectez-vous à votre compte.

Vous êtes adhérent·e avec une autre offre ? Vous pouvez la faire évoluer sans attendre en cliquant ici. La régularisation administrative se fera dans les jours qui suivront.