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Karine Plassard : Une pour toutes, toutes pour une [France]

Karine Plassard a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes le combat de sa vie. Un engagement illustré par sa pétition pour la libération de Jacqueline Sauvage.

Par Clémence Cluzel et Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #17, hiver 2016

Des boucles pleines de ressort, un sourire franc et des lunettes qui encerclent un regard vif. Karine Plassard, “féministe à 300 %” ainsi qu’elle se décrit, est une militante au verbe haut. “Mes prises de position doivent agacer, mais c’est dans mon caractère. Je ne peux pas me taire et ne rien faire : il est tellement inconcevable qu’une femme puisse être frappée, violée ou tuée pour l’unique raison qu’elle est une femme ! Tant qu’une seule d’entre elles sera battue, je continuerai”, résume-t-elle, attablée à la terrasse d’un café de Clermont-Ferrand.

© Pierre-Yves Ginet

Chaque année, 200 000 femmes sont agressées par leur conjoint ou ex-conjoint, 130 en meurent. La pétition pour réclamer la grâce présidentielle en faveur de Jacqueline Sauvage vient de ce besoin d’agir et de cette urgence-là. Immédiatement après la condamnation, fin 2015, à dix ans de réclusion, de cette épouse et mère qui avait tué son mari au terme d’un demi-siècle de brutalités, Karine Plassard écrit un texte en guise de coup de gueule. “Tout le monde savait, mais personne n’a bougé pour qu’elle puisse s’en sortir. Jacqueline Sauvage ne devait pas être la seule à payer pour son geste. La société aussi porte une responsabilité.” La pétition mise en ligne par la jeune femme, “lancée comme une bouteille à la mer”, est rejointe par les initiatives similaires de Caroline Arribat et Véronique Guegano. Elle rassemble en quelques semaines près de 436000 signatures.

Du coup, François Hollande accorde sa grâce, mais partielle : Jacqueline Sauvage reste en prison tant que la justice ne lui accordera pas une libération conditionnelle. “Cette affaire est l’aboutissement de tous les dysfonctionnements de notre système dans ce domaine”, estime la militante. Les autorités publiques : “La police ne prend pas les plaintes des victimes, la justice ne sait pas les écouter et il n’existe rien pour les protéger physiquement.  Personne ne comprend donc que ces femmes sont en danger de mort ?” Le personnel politique : “Tant que nous aurons aux manettes des types qui sont eux-mêmes des agresseurs et des harceleurs, comment peut-on espérer avancer ?

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