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Femmes ici et ailleurs

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Jocelyne Adriant : Un forum international pour l’égalité

Au sein du Club Femmes ici et ailleurs, nous avons la chance de compter des personnalités exceptionnelles, agissant dans des domaines très divers, en France et bien au-delà de nos frontières.

Une bonne partie de la carrière de Jocelyne Adriant se déroule entre les cabinets politiques et l’administration, entre la fonction publique d’État et la fonction publique territoriale. Elle est aujourd’hui à la tête de la CLEF (Coordination française du Lobby européen des femmes) qui organise le Forum international des droits des femmes, qui se déroulera en ligne du 4 au 7 avril prochain.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? 

J’ai été enseignante et journaliste. Par la suite, travaillant dans l’administration publique, j’ai notamment occupé, entre 2012 et 2014, la fonction de directrice de cabinet adjointe de la ministre de la Francophonie. À ce titre, j’ai piloté la mise en place du premier Forum mondial des femmes francophones, en 2013, à Paris. Nous avions reçu le docteur Denis Mukwege, qui n’était pas connu à l’époque. 

Après 2014, j’ai été déléguée générale adjointe, puis déléguée spéciale aux relations internationales de la Mairie de Paris. J’ai eu l’occasion d’organiser et de participer à de nombreux évènements internationaux sur les droits humains et particulièrement sur les droits des femmes. Je tenais à travailler sur ce sujet, j’ai eu l’opportunité de le faire plusieurs années.

En parallèle, je militais au sein de plusieurs associations, telles Genre et Ville et la CLEF, évidemment. J’ai également créé l’association Femmes du Monde et Réciproquement.

Quel est votre objectif au sein de la CLEF dans le contexte actuel ?

Je suis présidente de la CLEF depuis 2018. Dès l’origine, je trouvais intéressant son statut de “fédération” d’associations de terrain. J’étais aussi attirée par son cadre, qui nous permet de développer la dimension européenne de notre action. L’Europe fait partie de l’ADN de la CLEF : nous faisons partie des coordinations nationales qui ont créé le Lobby européen des femmes. 

Cette dimension internationale m’a toujours paru importante : les droits des femmes ne s’arrêtent pas à un territoire géographique, ils sont universels et les problématiques auxquelles sont confrontées les femmes sont tout aussi universelles. La pandémie l’a encore démontré, exacerbant toutes les violences, difficultés et discriminations auxquelles sont confrontées les femmes et les filles. Il n’est plus envisageable de demeurer uniquement à une échelle nationale quand on parle des droits des femmes. 

La CLEF est accréditée à l’ONU et il s’agit en premier lieu d’une ONG de plaidoyer en France, en Europe et à l’international sur les questions des droits des femmes. Le réseau regroupe aujourd’hui une centaine d’associations féministes. Ces dernières années, nous avons considérablement renforcé notre ancrage territorial et notre notoriété, notamment auprès des institutions françaises.

L’actualité de la CLEF, c’est notamment le Forum international des droits des femmes, du 4 au 7 avril prochain…

La CLEF organise également des évènements grand public pour lutter contre les stéréotypes sexistes. Le Forum international des droits des femmes s’inscrit dans ce cadre. Il devait se tenir à l’Hôtel de Ville de Paris en avril 2020, et puis… Nous avons décidé de ne plus attendre et de le maintenir cette année, mais en digital. 

Il s’agira d’un grand évènement international. Au programme, une vingtaine d’ateliers avec à chaque fois une dimension internationale et la présence d’au moins un∙e intervenant∙e étranger∙e. Ces quatre jours s’inscriront aussi dans le cadre de la plateforme Pékin + 25. 

Nous avons également rassemblé les recommandations des associations pilotes des ateliers, à destination des pouvoirs publics et nous les remettrons à Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances et à Delphine O, la secrétaire générale du Forum Génération Égalité, de l’ONU.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le programme de ces ateliers et conférences ?

Cet évènement s’inscrit donc dans le cadre international du Forum Génération Égalité et du Forum d’action de Pékin. Il se tiendra du 4 au 7 avril. Ouverture le dimanche soir de Pâques, avec une soirée consacrée aux femmes leaders. Lundi et mardi, des ateliers se succéderont sans discontinuer de 9h à 19h, puis le mercredi matin, une vingtaine de conférences, débats en tout, abordant tour à tour l’intégralité des droits fondamentaux : les violences, l’absence d’égalité salariale, les droits sexuels et reproductifs, féminisme et environnement, la place des femmes dans le sport, et tant d’autres. Ce programme a été construit ainsi à la demande des associations, en fonction de leur expérience, de leur domaine de compétences. Ce sont les associations membres de la CLEF, qui pilotent les ateliers, sur la base du bénévolat.

Parmi tant d’autres intervenant∙e∙s, nous recevrons la princesse Marie-Esméralda de Belgique, qui est aussi militante écologiste, des droits des femmes et des peuples autochtones, ou encore Nicole Ameline, ancienne ministre, ex-présidente et actuelle membre du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes à l’ONU (CEDAW).

Quelles sont vos principales attentes par rapport à cet évènement ? 

L’objectif premier est d’organiser un rassemblement de femmes, au niveau international, pour qu’elles débattent entre elles. Et puis bien sûr, il s’agit pour nous de sensibiliser le plus de monde possible au fait qu’on a tous et toutes des choses à gagner dans une société plus égalitaire, que cela bénéficiera à tout le monde, aux hommes comme aux femmes.  

Propos recueillis par Emma Gomez et Anaëlle Borderes, Femmes ici et ailleurs