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Femmes ici et ailleurs

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Jane Goodall : L’engagement par nature

Mondialement connue pour ses découvertes scientifiques sur les chimpanzés, Jane Goodall continue, à quatre-vingt-six ans, de parcourir le globe afin d’alerter sur l’état de notre planète. La célèbre primatologue britannique nous invite à agir chacun·e à notre échelle. Une révolution en marche grâce aux jeunes générations, avec en figures de proue, des femmes.

Propos recueillis par Louise Pluyaud
Paru dans Femmes ici et ailleurs #43, mai-juin 2021

Biographie express
Enfant, Jane Goodall est passionnée par la nature, rêve de vivre parmi les animaux en Afrique et d’écrire des livres. Elle n’a pas d’argent pour financer ses études mais, en 1957, elle se rend au Kenya à l’invitation d’une amie, rencontre l’anthropologue et paléontologue Louis Leakey et devient son assistante. À partir de juin 1960, Jane Goodall se lance, seule, dans l’observation des chimpanzés près du lac Tanganyika, en Tanzanie. Son manque de diplômes et ses méthodes peu conventionnelles (elle donne par exemple des prénoms aux chimpanzés et non des numéros) agacent les scientifiques, mais ses découvertes révolutionnent les conceptions de l’époque sur les animaux. Jane Goodall démontre en particulier que les chimpanzés fabriquent des outils, ce qui les rend plus proches des humains qu’on ne le pensait à l’époque. La chercheuse fonde en 1977 l’Institut Jane Goodall, dédié à la recherche, la conservation et l’éducation à la faune sauvage, aujourd’hui implanté dans vingt-trois pays.

Jane Goodall au musée de la science CosmoCaixa à Barcelone, en 2018. © Enric Fontcuberta/EFE/Sipa

Vous militez sans relâche pour la préservation de l’environnement. Comment va notre planète ?

En voyageant – avant la pandémie –, j’ai partout observé les impacts du changement climatique : la fonte des glaces au Groenland, l’élévation du niveau de la mer, les dégâts causés par les typhons et les ouragans, les inondations… Les océans sont pollués, les herbicides et les pesticides tuent les insectes, les oiseaux, les mammifères ainsi que les sols. Les fermes industrielles détruisent d’innombrables hectares de forêt pour cultiver des céréales et nourrir des milliards d’animaux. Ces fermes utilisent d’énormes volumes d’eau et produisent une grande quantité de méthane. Tout cela s’ajoute aux gaz à effet de serre qui conduisent au réchauffement climatique. Aujourd’hui, les réfugié·e·s climatiques sont des centaines de milliers. Nous sommes au cœur de la sixième grande extinction d’espèces végétales et animales.

Quelles leçons devrions-nous tirer de la pandémie mondiale ?

Tragiquement, c’est nous qui avons provoqué cette pandémie par notre manque de respect envers la nature et les animaux. À force de détruire leur habitat naturel, comme les forêts, nous poussons certaines espèces à se rapprocher des humains. C’est ainsi que les animaux peuvent nous transmettre des virus. Des maladies sont aussi apparues dans les élevages intensifs, où les animaux, cloîtrés, vivent dans des conditions insalubres, ce qui permet aux virus de se développer. Nous devons traiter les animaux comme les êtres sensibles qu’ils sont. Et surtout, arrêter d’exploiter les ressources naturelles de notre planète. Elles ne sont pas infinies.

Les dommages écologiques sont souvent justifiés au nom du  ”progrès” social ou de l’équité sociale, permettant aux pays pauvres d’espérer avoir un niveau de consommation équivalent à celui des pays riches. Qu’en pensez-vous ?

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