fbpx

Femmes ici et ailleurs

Un Magazine et un Club 100 % inspiration

Santé : Faut-il continuer à avaler la pilule ?

Longtemps considéré comme le symbole de la libération sexuelle des femmes, le recours systématique à la pilule contraceptive est aujourd’hui remis en question. Si elle reste encore la méthode la plus répandue, les jeunes générations l’utilisent moins. Cette relative désaffection témoigne surtout d’un besoin de diversifier les moyens contraceptifs et d’améliorer l’information des femmes pour qu’elles puissent être vraiment maîtresses de leurs choix.

Par Justine Coron et Roberta Zambelli
Paru dans Femmes ici et ailleurs #23, janvier-février 2018

En 2012, Marion Larat, victime d’un AVC, décide de porter plainte contre le laboratoire producteur de sa pilule de troisième génération. Cette affaire, fortement médiatisée, soulève alors des interrogations sur les effets secondaires de cette méthode contraceptive, depuis délaissée par une partie des jeunes Françaises.

Nu assis sur le divan de Ernst Ludwig Kirchner, 1909. © FineArtImages/Leemage/AFP Photos

Ce désamour pour la pilule, qui reste la méthode la plus utilisée en France, ne concerne pas la contraception en général. Il s’agit plutôt d’une diversification des moyens contraceptifs et d’un glissement d’une certaine tranche d’âge vers d’autres méthodes”, précise Christine Mauget, membre du bureau national du Planning familial. La France reste encore “championne mondiale” pour l’utilisation de la pilule, comme le remarque Annie Sirven, sage-femme employée d’une collectivité territoriale dans le service de protection maternelle et infantile, aujourd’hui retraitée.

Pour comprendre le lien fort entre contraception et pilule dans notre pays, il est important de replacer le contexte historique. “Au tout début du XXe siècle, la France, comme les autres pays, a connu un mouvement croissant de contrôle des naissances. Mais, suite aux nombreuses pertes humaines de la Première Guerre mondiale, ce mouvement s’est arrêté, remplacé par une politique nataliste d’État. En 1920, la loi des ‘Pères lapins’ interdit l’avortement et la contraception. Pendant qu’ailleurs, les méthodes contraceptives se sont diffusées et diversifiées, tout a été bloqué en France”, explique Christine Mauget.

Cette politique nataliste ne cessera qu’en 1967, il y a cinquante ans, avec la loi Neuwirth qui autorisera la contraception et notamment le recours à la pilule, mise en vente dans le reste de l’Europe depuis 1961. “La montée en puissance de la pilule sur le marché et la légalisation de la contraception ont créé une conjoncture historique conduisant à associer les deux, continue Christine Mauget. La pilule devient alors le symbole de la révolution sexuelle, de la libération des femmes ainsi qu’un “acquis majeur du féminisme”, comme le rappelle Annie Sirven. Les femmes ont enfin la possibilité de décider si elles veulent ou non procréer, quand et combien d’enfants elles souhaitent. Un bouleversement profond : avant 1967, les principales méthodes contraceptives étaient le préservatif et le retrait, qui nécessitaient une négociation dans le couple. Après la loi Neuwirth, les femmes gèrent leur fertilité avec leur soignant·e. 

​Vous avez envie de lire cet article ? Il vous suffit d’adhérer au Club Femmes ici et ailleurs.

Vous êtes déjà adhérent·e Découverte digitale, Découverte combiné, Exploration ou Exploration digitale, Liberté ou Liberté digitale ? Connectez-vous à votre compte.

Vous êtes adhérent·e avec une autre offre ? Vous pouvez la faire évoluer sans attendre en cliquant ici. La régularisation administrative se fera dans les jours qui suivront.

 

En partenariat avec
L’Association nationale des sages-femmes libérales est une association loi de 1901 qui a pour but la revalorisation et la défense de la profession de sage-femme libérale en France. Pour cela, elle travaille à la fois avec les sages-femmes, les organismes d’État et les médias à cet effet. Créée en 1983, elle compte aujourd’hui 970 membres. Pour plus d’informations : http://ansfl.org