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Femmes ici et ailleurs

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Dossier : Étonnantes voyageuses autour du monde #2 [International]

Elles ont fait le tour de la planète, conquis des sommets, exploré des terres inhospitalières, affronté la faim, la peur, le froid. Elles sont aussi allées à la rencontre d’autres peuples, ont découvert de nouvelles espèces pour la science et changé le regard sur le monde. Pour réaliser ces exploits et suivre leurs désirs d’horizons lointains, les aventurières ont déployé force et courage tout en défiant aussi les préjugés de leur temps. Ces femmes de toutes les époques et de tous les continents sortent enfin des oubliettes de l’Histoire.

Textes de Sandrine Boucher et Christène Emard
Paru dans Femmes ici et ailleurs #28, novembre-décembre 2018

Catalina de Erauso

(environ 1592 – environ 1660) | Espagne

Nonne-guerrière travestie

© Science History Images/Alamy Stock Photo

Le destin de Catalina de Erauso aurait pu être sinistre, il a été formidablement romanesque. Adolescente, cette fille de la noblesse espagnole décide de s’échapper du couvent, où elle était enfermée depuis l’âge de quatre ans, avec un peu d’argent, un fil et une aiguille. Elle transforme ses habits de novice en vêtements masculins et coupe ses cheveux. Après quelques épisodes rocambolesques en Espagne, sous une identité d’homme, elle négocie son voyage de l’autre côté de l’Atlantique et elle arpente toute l’Amérique latine. Elle y devient marchande et majordome, apprécie les tripots et le duel (onze tués à son actif…), fait régulièrement de la prison, est à deux reprises condamnée à mort, s’attire les faveurs des hommes qui lui pardonnent tout, séduit les femmes dont elle décline toutes les demandes en mariage. Quand quelqu’un·e veut la retenir, elle file, expliquant que “son inclinaison (la) poussait à partir et voir les mondes”. Elle s’engage aussi comme soldat pendant dix ans : elle se fait une spécialité de rapporter les trophées de guerre. Après avoir confessé sa véritable identité, elle revient en Espagne, inspire Juan Pérez de Montalván le plus célèbre dramaturge de l’époque, est fêtée tant à la cour du roi qu’à celle du Pape, qui la reçoit et l’absout. Elle obtient même une pension à vie et repart au Mexique achever la sienne.


Jeanne Baret

(1740-1807) | France

Première à avoir fait le tour du monde

© History and Art Collection/Alamy Stock Photo

Pour assouvir son insatiable curiosité scientifique, Jeanne Baret est allée au bout du monde, a brisé la fatalité sociale, les conventions et les lois de son temps. Née dans une famille de paysans pauvres, elle est employée comme gouvernante chez un botaniste veuf, Philibert Commerson. Elle se passionne pour les plantes et devient son amante. Malgré l’opposition de son compagnon, elle embarque, en se faisant passer pour son valet de chambre, sur la première expédition royale française autour du monde qui s’élance en février 1767. “Jean” Baret doit ruser dans la promiscuité de l’équipage et travaille comme “une bête de somme”, son surnom, pour ne pas être démasquée. Le couple herborise sur les côtes inexplorées d’Amérique du Sud jusqu’aux îles du Pacifique. L’identité de Jeanne Baret est découverte en avril 1768 à Tahiti, mais le scandale est étouffé et le voyage se poursuit. Philibert Commerson et Jeanne Baret s’installent sur l’île Maurice. Après la mort du botaniste, elle rentre en France vers 1776. Elle boucle ainsi son tour du monde en rapportant 3 000 espèces nouvelles pour la science.


Sacagawea

(environ 1788 – environ 1812) | États-Unis

Légendaire Amérindienne

© Walter Oleksy/Alamy Stock Photo

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