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Élodie Sueur-Monsenert : Corps accord [France]

Elle soigne par les mots et par l’image les corps malmenés des femmes. Ne décolère pas contre les régimes dont tout le monde sait qu’ils font d’abord souffrir, puis grossir. La photographe Élodie Sueur-Monsenert utilise son regard pour aider les femmes à se réconcilier avec leur identité. Pour elles-mêmes et pour une société plus égalitaire.

Par Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #22, novembre-décembre 2017

ELODIE sueur Monsenert photographe corps
© Elodie Sueur-Monsenert

On dit que les chats ont neuf vies. Élodie Sueur-Monsenert, au mitan de la sienne, en a déjà cinq, dont deux menées de concert : photojournaliste et thérapeute. À quarante ans, les différents chemins pris par son existence se sont rejoints pour tracer une route unique. Élodie Sueur-Monsenert est née dans une “famille de psy” dont la pratique s’étendait au-delà du divan pour former un “art de vivre”, se souvient-elle. Bébé, elle connaît sa première consultation, à l’âge de dix-huit mois, pour des difficultés à s’endormir. Puis, elle fait une psychothérapie à quatorze ans et une analyse à vingt. “J’ai observé rapidement les limites de ces thérapies : elles sont très efficaces pour démêler et comprendre des choses, mais moins pour apporter un mieux-être.” Elle commence ainsi à explorer des voies alternatives et, pendant plus de vingt ans, se documente, voyage, rencontre des guérisseur·se·s traditionnel·le·s, essaie différentes méthodes de développement personnel.

Parallèlement, elle construit sa vie professionnelle d’adulte. En apparence, les matériaux semblent disparates. En apparence seulement. Élodie Sueur-Monsenert passe une licence d’administration économique et sociale, bifurque vers une école d’art dramatique, devient comédienne, ouvre une compagnie de théâtre. Puis elle se consacre à l’écriture de pièces et de scénarios pour le cinéma. Nouveau changement d’aiguillage au tournant des années 2010 avec une formation au photojournalisme et la cofondation, en 2011, d’Essenci’Elles, un collectif de photographes dédié à la représentation des femmes, dans leur vérité et dans leur diversité. Autrement dit, loin des stéréotypes qui s’étalent toujours et encore, de la jolie fille à la mater dolorosa en passant par “l’épouse de”. Pour Essenci’Elles, elle s’immerge par exemple dans l’association Joséphine, un salon de beauté pas comme les autres, à Barbès, qui redonne du fard à l’âme de femmes en situation de précarité. “Nous voulons tout simplement montrer des femmes qui sont des actrices positives du monde”, explique-t-elle. 

Un projet personnel conduit Élodie Sueur-Monsenert à suivre Chloé Hollings, une comédienne et chanteuse qui n’en peut plus de maltraiter son corps à coups de régimes. Lorsqu’elle décide d’arrêter, elle se rue sur tous les aliments qui lui étaient “interdits”… et prend vingt-cinq kilos en deux mois. La photographe l’accompagne, avec son appareil, son regard et ses mots. “Elle s’est confrontée à son image, s’est regardée. Peu à peu, elle s’est reconnectée à son corps. Après s’être acceptée telle qu’elle était, elle a perdu tous ses kilos et retrouvé son poids de forme en deux ans, sans aucun régime.” Chloé Hollings a raconté son histoire dans un livre, Fuck les régimes, sorti début 2016. Élodie Sueur-Monsenert l’a retracé en image dans le reportage Chloé prend le large. “Sans le savoir, nous avions fait une photothérapie”, se souvient la photographe. 

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