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Dossier : Championnes françaises d’exception #1 [France]

Leurs performances et leur personnalité ont marqué l’histoire du sport et celle de notre pays. Les pionnières ont souvent dû batailler pour imposer leur vocation, à une époque où il était malséant de voir une femme transpirer sur un court et exulter de joie lors d’une victoire. Il reste un obstacle à franchir pour les championnes d’aujourd’hui : attirer tout autant que leurs homologues masculins l’attention du public et celle des caméras. Ni plus, ni moins. Le pari est-il en passe d’être gagné ? La Coupe du monde de football féminin, que la France accueille en juin et juillet prochains, se jouera dans des stades qui affichent d’ores et déjà complet.

Dossier réalisé par Pierre-Yves Ginet, Nathalie Poirot et Roberta Zambelli
Paru dans Femmes ici et ailleurs #30, mars-avril 2019 

Sportives en or

Chacun·e, avec les championnes de sa génération, a gravé dans sa mémoire l’instant de sa victoire, l’image de son sacre, l’exaltation collective suscitée par ses exploits. Le talent de ces sportives françaises, leur persévérance et leur audace méritent davantage encore qu’une médaille : notre reconnaissance.

Le suspense était-il insoutenable pour vous lors de la finale du Championnat d’Europe de handball, en décembre, lorsque les Françaises ont conquis leur premier titre continental devant une salle de Paris Bercy en feu ? Vous souvenez-vous de l’incroyable performance de Marie-José Pérec, deux fois titrée aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996 ? Avez-vous partagé les larmes de joie de Colette Besson, sur le podium, lors de ceux de Mexico, il y a cinquante ans ? Avec elles, Suzanne Lenglen, Florence Arthaud, Catherine Destivelle et tant d’autres se sont inscrites au panthéon des sportifs et sportives d’exception.

L’équipe nationale de handball célèbre son titre lors de la remise des trophées, à l’issue de la finale des Championnats d’Europe, le 16 décembre 2018, à l’Accor Hotels Arena de Paris. Leur magnifique finale face à la Russie restera dans les annales du sport tricolore. © Philippe Millereau/KMSP/DPPI/AFP Photo

Ces moments intenses et fédérateurs, nous pourrions les vivre plus souvent… si les médias accordaient à “nos” championnes la place qu’elles méritent dans leurs grilles. Les chaînes de télévision leur consacrent moins de 20 % de leurs programmes sportifs. Mais gardons l’esprit positif, elles sont − depuis peu − de plus en plus visibles, grâce à l’impulsion du Conseil supérieur de l’audiovisuel… et du public : les audiences sont en constante augmentation. Selon le baromètre sport Odoxa publié en février dernier, 63 % des Français·es regardent du sport dit féminin (+10 points en 6 mois !) et 78 % de la population réclament plus de sportives à la télévision. Illustrant ces données, les handballeuses ont même fait exploser les compteurs, en décembre, avec un pic de 8,1 millions de téléspectateurs et téléspectatrices pendant leur finale d’anthologie pour l’Euro.

Susciter des vocations

Une mise en lumière équilibrée, on le sait, susciterait davantage de vocations sportives chez les filles. Elles seraient encore plus nombreuses dans les clubs, formidables viviers du sport de haut niveau. Là où aujourd’hui des bénévoles passionné·e·s par “leur” discipline révèlent et accompagnent les Jeannie Longo et Laurence Fischer de demain. Plus encore peut-être, cette exposition médiatique éviterait à de nombreuses jeunes sportives de renoncer à leur pratique. Aujourd’hui, le constat est amer : le goût des filles pour l’exercice physique est contrarié très tôt − et surtout à partir de la classe de sixième − par de multiples facteurs, clichés ou pressions, qui amènent nombre d’entre elles à décrocher ou à bifurquer vers d’autres activités : par exemple, délaisser les stades et les skateparks au profit des salles de danse. Dès l’adolescence et durant plusieurs décennies de leur vie, la pratique sportive et la compétition peinent trop souvent à être considérées comme des pratiques sociales ordinaires et “normales” chez les femmes, au contraire des hommes. Ce n’est qu’après quarante ans que les courbes s’inversent, les sportives étant alors plus nombreuses que leurs homologues masculins.

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