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Femmes ici et ailleurs

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Céline Duflo, codeuse

Par Aude Stheneur
Paru dans Femmes ici et ailleurs #34, novembre-décembre 2019

© Julien Faure

Faut-il l’appeler programmeuse, développeuse, codeuse ?… “Pour moi, c’est la même chose”, rassure Céline Duflo. Les différents termes désignent le métier qui consiste à rédiger des lignes de code en langage de développement web (PHP, SQL, Java, ASP…) pour définir ou modifier les fonctionnalités d’un site internet ou d’une application. “Le code est une baguette magique. Calculs, jeux, programmes… La machine fait exactement ce que je lui demande de faire”, s’enthousiasme-t-elle. En tant que free-lance, elle met ce superpouvoir au service de ses client·e·s, pour qui elle crée ou développe des plateformes. 

Avant de se lancer dans ce métier, Céline Duflo a travaillé quinze ans dans le pilotage de procédés industriels. Un milieu dans lequel elle a expérimenté “la misogynie de base” qu’elle ne retrouve pas dans son nouveau monde, qui lui a su étancher sa soif de modernité et d’ouverture d’esprit. Pour se mettre à son compte, elle a suivi deux formations intensives de code, respectivement de neuf et quatre semaines. “Mon ordinateur, je ne m’en servais que pour regarder des films. J’ai dû apprendre à utiliser ma machine”, explique-t-elle.

Proposés par des organismes privés, les programmes accueillent des gens de tous horizons qui doivent apprendre à travailler en groupe. “On arrive avec rien et à la fin, tout le monde sait coder”, souligne-t-elle. Avec les ancien·ne·s des formations, elle a constitué un groupe de travail qu’elle retrouve régulièrement pour partager ses difficultés et ses nouveaux projets. Un rituel qui lui permet de pallier la solitude du métier et continuer à se former : “En tant que codeuse, il faut se tenir au courant des technologies qui évoluent très vite. Il faut avoir son réseau, ne pas hésiter à aller sur des forums et partager avec les autres.” 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est JF_duflo-7338.jpg.
© Julien Faure

Pour Céline Duflo, les autres indispensables sont “la confiance en soi, le calme et l’esprit logique”. Ce qu’elle préfère : la liberté de pouvoir travailler en pleine nuit ou à l’autre bout du monde. Pour coder, il suffit d’un ordinateur et, si possible, d’une connexion internet. Mais l’exercice est addictif. Essayer une façon de programmer, se tromper, tâtonner, recommencer… “C’est tellement prenant… J’en oublie même de manger !”, s’amuse-t-elle. Et les résultats sont concrets : lorsque la formule fonctionne, la magie opère. ●