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Caroline Bouvier : Le jour où j’ai monté un réseau

Par Aude Stheneur
Paru dans Femmes ici et ailleurs #39, septembre-octobre 2020

Caroline Bouvier est “née dans la dentelle” et a toujours été passionnée de couture. Mais lorsque l’usine de dentelle de son père fait faillite, elle se tourne vers la gymnastique. Sans jamais oublier son premier amour, elle devient athlète professionnelle, puis coach et juge internationale. “La première chose que je me suis achetée avec mon salaire est une machine à coudre.” Elle commence à inventer des modèles de justaucorps de gymnastique, crée sa première société en 1999 et décide de s’y consacrer à temps plein. Autodidacte, Caroline Bouvier fabrique des tenues pour la voltige équestre, le patinage artistique, la natation synchronisée, le bodybuilding… Elle ouvre une boutique en 2003 et, petit à petit, se lance dans la mode : “J’ai recréé une maison de couture comme dans les années cinquante, où nous recevons la clientèle. Les vêtements sont faits à la demande.

Caroline Bouvier entrepreneure fce
© Antoine de Parseval

Le confinement impose la fermeture de son commerce et suspend les livraisons pour son activité. Les membres du réseau FCE lui font part de leurs besoins en masques pour les professionnel·le·s des métiers en première ligne de la lutte contre l’épidémie. Caroline Bouvier se lance dans la fabrication. Pour trouver les matériaux qui lui manquent, elle ouvre un groupe Facebook : “SOS Masques Montpellier”.

De nombreuses personnes la contactent pour lui proposer leur aide. Cinquante-quatre bénévoles se relaient : Caroline Bouvier coupe les tissus dans son atelier, certain·e·s les apportent ensuite à des couturier·ère·s qui confectionnent les masques puis d’autres les livrent. En tout, plus de six mille masques et deux cents blouses sont offerts à des soignant·e·s, des salarié·e·s d’Ehpad, des membres ou bénévoles d’associations, des agent·e·s de police, des éboueur·euse·s, des employé·e·s de laboratoires, de supermarchés ou de boulangeries…

Il y a eu un mouvement de solidarité instinctive”, se rappelle la créatrice. Avec le déconfinement, les demandes de masques pour les particulier·ère·s et les entreprises explosent. Caroline Bouvier décide de les proposer à la vente et de créer une structure qui emploie les couturier·ère·s. “J’ai commencé à imaginer le monde de demain. Je me suis dit que je ne pouvais pas laisser tomber les bénévoles qui m’ont accompagnée et qui sont en galère.

Ainsi naît l’association Les nouvelles grisettes – à Montpellier, le terme de grisette désignait auparavant les “petites mains”, couturières, vendeuses ou ouvrières. La communauté de communes du Pays de l’Or, dont la ville-centre est Maugio, leur prête un local et, avec la cagnotte ouverte pour la fabrication des masques, Caroline Bouvier achète des machines professionnelles et des tissus. L’association produit ses premières gammes dans la foulée, comme des pochettes, coussins de plage et toiles de transat aux couleurs de l’été pour la marque Les toiles du soleil.

Elle espère voir durer et se développer son nouveau projet, qu’elle gère en plus de sa maison de couture de Montpellier. “J’ai voulu prolonger l’aventure car c’est mon histoire, j’ai encore des choses à dire.” ●

Caroline Bouvier est présidente de la délégation FCE d’Occitanie.

En partenariat avec Femmes chefs d’entreprise (FCE France) est une association interprofessionnelle qui s’appuie sur un réseau de quarante-huit délégations et regroupe plus de 2 000 membres, sur tout le territoire national. Son slogan : “Seules nous sommes invisibles, ensemble, nous sommes invincibles”. www.fcefrance.com