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Femmes ici et ailleurs

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Dossier : Capitaines d’entreprises #1 [France]

C’est un volet de l’histoire des femmes qui est exploré depuis peu : l’existence et le rôle des cheffes d’entreprises.
Dans tous les domaines et tout au long des siècles passés, les patronnes ont été nombreuses, inventives et coriaces. Malgré les restrictions de leurs droits civils, des femmes se sont de tout temps débrouillées pour faire des affaires, subvenir aux besoins de leur famille, gagner leur vie et, souvent, leur indépendance.

Dossier écrit par Sandrine Boucher, Emma Ducassou-Pehau, Pierre-Yves Ginet, Eline Roy, Lune Sayer, Aude Stheneur
Paru dans Femmes ici et ailleurs #40, novembre-décembre 2020

Tableau représentant Amélie de Berckheim-Dietrich. Date inconnue. © Henri Mellon/Association De Dietrich

Il y a toujours eu des femmes à la tête d’entreprises. Elles ont été capables de monter, reprendre et gérer avec succès des entreprises selon les formes de l’époque. Elles se sont toujours frayé un chemin, en jouant des coudes… qu’elles avaient assez pointus. Ces femmes défendaient férocement leur territoire et n’avaient pas peur d’empiéter sur celui des hommes pour se tailler une part de marché”, observe l’historienne Béatrice Craig. Professeure au département d’histoire de l’université d’Ottawa, elle a publié l’an dernier un ouvrage passionnant, Les femmes et le monde des affaires depuis 15001, qui révèle l’importance ignorée de l’entrepreneuriat féminin au cours des siècles. Les chercheurs et chercheuses “n’ont aucune difficulté à trouver des femmes dirigeant de grandes maisons de commerce, présidant à la naissance d’entreprises manufacturières, agissant comme banquières ou conquérant de nouveaux marchés pour leurs produits jusqu’à la fin du 18e siècle, poursuit-elle. Au 19e siècle encore, 10 à 15 % des entreprises avaient une femme à leur tête”. Il y a eu dans l’histoire des patronnes d’entreprises de toutes tailles, issues de toutes les classes sociales dans tous les secteurs d’activité. Simplement fallait-il s’y intéresser.

Gabrielle Chanel, dite Coco, à Paris, vers 1937. Née en 1883, la couturière a ouvert la première boutique Chanel en 1912 à Deauville. © Boris Lipnitzki/Studio Lipnitzki/Roger-Viollet

Les patronnes se sont retrouvées en fait pendant longtemps dans un angle mort de la science. D’un côté, les historien·ne·s des affaires, pétri·e·s de l’archétype de l’entrepreneur (le masculin est volontaire ici) conquérant et aimant le risque, qui s’impose au début du 20e siècle, ne pouvaient concevoir l’existence d’une créatrice et dirigeante d’entreprise. De l’autre côté, celui des recherches sur l’histoire des femmes, ces patronnes étaient du mauvais bord, les études s’intéressant surtout aux victimes du système d’exploitation décrites notamment par Émile Zola (ouvrières, petites employées) et à leurs combats pour en sortir. Restaient quelques cheffes d’entreprises présentées comme “exceptionnelles”, ce qui permettait de confirmer la règle : l’absence des femmes aux manettes des entreprises.

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