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Au nom de la loi : Cachez ce sein… ou pas

Nul·le n’est sensé·e ignorer la loi ! Qu’à cela ne tienne… Femmes ici et ailleurs met la loupe sur des questions juridiques de votre quotidien, en partenariat avec la Force juridique de la Fondation des Femmes.

Le débat sur la nature juridique du sein est loin d’être tranché. Il fait rage depuis des années autour des manifestations poitrine nue des militantes Femen, premières femmes à avoir été condamnées en France pour  “exhibition sexuelle ” depuis… l’époque de De Gaulle.

Propos recueillis par Sandrine Boucher
Paru dans Femmes ici et ailleurs #48, mars-avril 2022

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Avec Me Mûre Maestrati, avocate au barreau de Paris, membre de la Force juridique de la Fondation des Femmes – DR

Les juristes peuvent parfois montrer une souplesse digne des meilleur·e·s gymnastes olympiques. En témoignent les résultats de la joute, par décisions interposées, que se livrent cour d’appel et Cour de cassation depuis plus de six ans, autour des performances politiques des Femen, ce groupe d’activistes féministes qui, seins à l’air, dénoncent la corruption, les dictatures et le patriarcat religieux. Deux questions résument l’affaire : une femme qui montre ses seins se rend-elle automatiquement coupable d’exhibition sexuelle ? Si tel est le cas, est-elle condamnable ? Oui. Non. Oui mais non. Peut-être…

L’affaire de “l’attentat” au musée Grévin en juin 2014, par Iana Zhdanova, une Ukrainienne qui a poignardé symboliquement la statue de cire de Vladimir Poutine, slogan “Kill Putin” sur sa poitrine nue, est celle où la partie de ping-pong a été la plus longue. Au mois d’octobre suivant, elle se voit infliger en première instance une amende pour “exhibition sexuelle”, devenant ainsi la première femme sanctionnée à ce titre en France… depuis 1965. Cependant, par deux fois, la cour d’appel de Paris estime que l’exhibition ne peut être constituée, “en l’absence de tout élément intentionnel de nature sexuelle” et qu’elle “ne visait pas à offenser la pudeur d’autrui” : dit autrement, la Femen n’était pas exhibitionniste1. Par ailleurs, poursuit la cour d’appel de Paris, l’action menée au musée Grévin “relevait de la manifestation d’une opinion politique, protégée par la convention européenne des droits humains”. Donc relaxe, par deux fois.

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