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Femmes ici et ailleurs

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Anaïs Bourdet : L’over-connectée [France]

Son tumblr Paye ta shnek, créé en 2012, contre le harcèlement de rue, a explosé les compteurs. Son initiative en a inspiré trente-cinq autres, comme Paye ta fac. Anaïs Bourdet, qui a lancé ensuite un blog sur le sexisme au travail (Paye ton taf) entend désormais traquer les cyber‑harceleurs.

Par Lynda Zerouk
Paru dans Femmes ici et ailleurs #19, mai-juin 2017

J’ai tout improvisé depuis le début…” Anaïs Bourdet, trente-deux ans, a créé le tumblr Paye ta shnek en 2012 à la suite d’une expérience personnelle. Alors qu’elle rentrait tranquillement chez elle, un inconnu lui fait des avances. Elle les refuse. L’homme la poursuit en voiture. La jeune femme court, parvient à le semer et atteint enfin son domicile, bouleversée. Deux autres éléments vont la pousser à l’action. Le court-métrage de la Bruxelloise Sophie Peeters sur le harcèlement de rue, qu’elle a vu quelques jours plus tôt. Et les réactions de ses amies, après leur avoir raconté cette mésaventure. Toutes lui font part d’expériences similaires.

anais bourdet Paye ta shnek militante féministe
© Anaïs Bourdet

Sans attendre, elle lance son blog. Le but : recenser les agressions dans l’espace public, allant du sexisme ordinaire aux pires injures. Pour prouver que le harcèlement de rue se produit partout, quartiers, grandes villes et dans toutes les sphères de notre société, elle demande aux femmes de géolocaliser chacune des anecdotes postées. Cinq jours plus tard, “c’est l’explosion” sur la plateforme. Avec “des pics à 30 000 visites. Je ne m’y attendais pas”, lâche-t-elle. Aujourd’hui son tumblr compte 13 000 témoignages issus de toute la France et d’autres pays européens. Des plus faussement poétiques, “Tes yeux de braise me rendent merguez”, aux plus vulgaires et agressifs, comme “Tu me prêtes ta copine, je te la rendrai avec le plein”.

Pour son blog, la créatrice a choisi “un nom aussi fleuri” que ce qu’on entend dans la rue. “Paye ta shnek” signifie “Paye ta chatte” en argot alsacien. Choix révélateur de “son amour pour le parlé populaire”. Celui-là même qui lui donne une aisance remarquable à l’oral : des premières prises de paroles publiques en 2013 jusqu’à son récent TedX, zéro défaut ! 

Pourtant, la jeune femme au timbre assuré et au visage lumineux jure que sous son apparente facilité, “ses genoux jouent les castagnettes”. Même ses ami.e.s ont du mal à le croire. “T’as l’air tellement à l’aise”, lui répètent-elles·ils. “Je suis une grande bavarde, ça aide aussi”, confesse-t-elle. 

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