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Dossier : Album de famille [International]

Paru dans Femmes ici et ailleurs #37, mai-juin 2020 

À période exceptionnelle, réponse singulière. Lors des nombreuses rencontres organisées par le Club Femmes ici et ailleurs, beaucoup d’entre vous ont souhaité en savoir plus sur les grands sujets que nous avons publiés depuis l’origine (le premier numéro date de mars 2012 !).

Elles et ils ne se doutaient pas que nous avions déjà abordé telle question, exploré tel pays, mis en lumière telles ou telles formidables personnalités.

Vous nous avez ainsi poussé·e·s à ouvrir nos archives et notre mémoire, revenir sur notre parcours, retrouver les plus de soixante reportages exclusifs que les abonné·e·s de Femmes ici et ailleurs ont été les premier·ère·s et, très souvent, les seul·e·s à voir et à lire.

Nous sommes une toute petite équipe, nous n’avons jamais eu les moyens financiers des grands groupes de presse. Cependant, nous avons toujours tenu à produire des sujets originaux, à financer des enquêtes au long cours, à envoyer des journalistes et des photographes d’ici et d’ailleurs sur le terrain, à l’autre bout du monde, parfois dans des conditions difficiles, pour nous rapporter et vous faire partager ces histoires.

Ce coup d’œil dans le rétroviseur est pour nous l’occasion de saluer ces professionnel·le·s qui font l’essence de Femmes ici et ailleurs : une information différente, rarement – voire jamais – vue et lue dans d’autres médias, et, pourtant si importante. Pourquoi ? Pour mettre en avant ce que font et sont les femmes dans toute leur diversité. Des femmes qui nous font toutes et tous changer, évoluer. Qui œuvrent pour que notre planète tourne enfin rond.

L’occasion aussi de vous remercier pour ce chemin que nous avons parcouru ensemble, grâce à vous, et que nous allons poursuivre, avec vous. Ensemble, pour ajouter notre pierre, même petite, à la construction d’un monde plus juste, à plus d’égalité, plus de respect des droits et de la place des un·e·s et des autres.

C’est un immense bonheur pour nous et aussi une grande fierté de partager ainsi avec vous les plus belles images de notre grand album de famille.

L’équipe de Femmes ici et ailleurs


Rwanda

1994-2014 : l’œuvre des veuves

Récit et photographies Pierre-Yves Ginet

Avril 1994. Le génocide perpétré par les troupes et milices hutus emporte plus d’un million de personnes en moins de cent jours, avec des conséquences démographiques et psychologiques majeures. À la suite des tueries de masse, les femmes représentaient 70 % de la population rwandaise et les veuves, la moitié des adultes. Dès 1995, l’Association des veuves du génocide Agahozo (Avega), est créée pour secourir les veuves et orphelin·e·s du génocide. Malgré leur extrême précarité et des blessures profondes, ces femmes ont reconstruit des familles, pris en charge quatre, cinq, dix… jusqu’à vingt-sept enfants.

Entre 2004 et 2014, Pierre-Yves Ginet est parti plusieurs fois à la rencontre de ces femmes, il a recueilli leurs témoignages sur le génocide et, surtout, retracé leur histoire personnelle d’après l’horreur. Le combat quotidien de ces femmes anonymes et essentielles a non seulement rendu possible la survie des leurs, mais a permis au pays de repartir de l’avant, métamorphosé en un temps record et reconstruit sur de nouvelles valeurs.

Les histoires de ces femmes, en particulier celle de Dafrose Mukangarambe et de sa fille Aline, ont été fondatrices de la démarche de Femmes ici et ailleurs, dont Pierre-Yves Ginet est corédacteur en chef.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #6 en mars 2014


Brésil

Guérilleras de la terre

Récit de Mathilde Dorcadie. Photographies de nombreux photojournalistes brésiliens.

Depuis trente ans, les petit·e·s paysan·ne·s brésilien·ne·s résistent aux grands groupes agricoles. Dans cette lutte, les femmes ont pris une place prépondérante et mènent désormais leurs propres actions. Leur combat est passé de revendications pour l’accès à la terre à un autre enjeu majeur : la préservation de l’environnement. Elles sont désormais engagées dans la défense de la biodiversité et de la forêt, la souveraineté alimentaire, mais aussi l’éducation des plus démuni·e·s et les droits des femmes… Face à un pouvoir politique souvent complice des acteurs de l’agrobusiness qui n’hésitent pas à avoir recours à la violence, les militantes haussent également le ton et multiplient les actions coups de poing.

L’engagement des femmes dans l’écologie est évidemment l’axe central de ce reportage. Mais il dépeint aussi une Amérique latine où le souffle pour les droits des femmes est particulièrement vivace en ce moment, probablement comme nulle part ailleurs au monde. Au Brésil, au Chili, au Mexique ou en Argentine, cet élan est marqué par une mobilisation massive qui rassemble des femmes de toutes conditions, jeunes et moins jeunes. Ce reportage célèbre aussi la solidarité entre les “urbaines”, les paysannes sans terre.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #13 en décembre 2015


France

Mères solos en horaires décalés

Récit et photographies de Sophie Pasquet / Hans Lucas

Elles travaillent principalement dans le domaine du soin, du social et de l’éducation (infirmières, professions paramédicales, éducatrices, assistantes de vie scolaire…), mais aussi dans le nettoyage, la police, le commerce, l’hôtellerie ou la restauration… Soit autant de secteurs où les conditions de travail sont difficiles, avec des horaires atypiques. Ces femmes vivent également seules avec leur(s) enfant(s), déploient au quotidien des trésors de courage et d’organisation face au casse-tête des modes de garde, plus rares et plus onéreux en horaires décalés, alors que leurs revenus ont souvent chuté après une séparation.

Cette magnifique enquête, formidablement humaine, menée sur le long terme par Sophie Pasquet, dépeint une réalité connue de longue date et partagée par de plus en plus de femmes. En France, elles ont la charge de 85 % des familles monoparentales et ce sont aussi les femmes qui, dans leur immense majorité, assurent les métiers du soin et de proximité, dont la crise sanitaire que nous traversons a souligné le rôle crucial. La situation de ces mères solos, montrée dans ce reportage, a aujourd’hui une résonance encore plus forte. Ainsi que le même espoir d’une reconnaissance et d’actions concrètes, pour elles, dans le monde d’après.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #15 en juin 2016


France

L’échappée belle, contre le cancer

Récit d’Anne-Lise Fantino. Photographies d’Élisabeth Schneider/Hans Lucas

À Chambéry, un groupe de femmes touchées par le cancer du sein s’est lancé pour défi de rejoindre les Saintes-Maries-de-la-Mer à vélo. Dans le cadre d’Octobre Rose, une trentaine de “guerrières”, comme elles se surnomment, ont réalisé cet exploit et parcouru près de cinq cents kilomètres en l’espace d’une semaine. Cette folle aventure, initiée par Christine Aguettaz et l’association 4S (Sport Santé Solidarité Savoie), avait pour objectifs de donner une meilleure condition physique et un mental d’acier aux femmes touchées par la maladie, mais aussi de réduire le risque de récidive. La caravane a également porté, tout au long de l’itinéraire, un message sur la prévention de la maladie.

Suite au succès de cette aventure sportive et humaine hors normes, les organisatrices ont renouvelé l’opération les années suivantes entre Orléans et Saint-Nazaire, le long des canaux de la Garonne et du Midi et entre les lacs de la région du Mont-Blanc.

Le reportage d’Anne-Lise Fantino et Élisabeth Schneider, qui ont suivi l’intégralité de cette première édition de À la mer à vélo, nous a énormément ému·e·s, en particulier en découvrant l’image de ces “guerrières”, se jetant main dans la main dans les vagues de la Méditerranée.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #13 en décembre 2015


Sénégal – Inde

Porteuses de lumière

Récits et photographies d’Alexia Eychenne et de Sophie Pasquet/Hans Lucas

C’est une tour de Babel dans un coin perdu de l’Inde. Le Barefoot College, littéralement “l’université des va-nu-pieds”, forme des femmes rurales venues du monde entier à l’installation et à la maintenance de panneaux photovoltaïques. Pauvres, parfois analphabètes, elles deviennent techniciennes solaires, puis retournent apporter la lumière dans leur village. Une révolution pour elles et pour leur communauté.

Alexia Eychenne s’est rendue au Rajasthan pour suivre l’apprentissage de femmes venues d’Asie, du Pacifique et d’Afrique, qui n’étaient jamais sorties de leur pays. Elles ont acquis des compétences en énergie solaire, mais aussi en matière de santé, gestion, finances et écologie.
Sophie Pasquet a rejoint Doussou Konaté au Sénégal. Cette élève du Barefoot College a bouleversé la vie de son village, la santé des habitant·e·s, les liens avec les autres régions du pays, etc. La porteuse de lumière fait également vaciller les déséquilibres traditionnels entre femmes et hommes.

Nous n’avons pas hésité une seconde face à cette proposition de reportage qui nous a immédiatement emballé·e·s ! Il nous a aussi permis une première collaboration avec nos ami·e·s de l’association Parrs (Photos actions reportages responsables et solidaires).

Publié dans Femmes ici et ailleurs #18 en mars 2017


France

L’envol des roller girls

Récit de Margaïd Quioc. Photographies de Charlotte Caselle, Yann Levy, Arnaud Masson et autres

roller derby
© Yann Levi/Hans Lucas

Elles se font appeler Pocahantrax, Mimi Brindacier, Gara La Garce, Nol’Teigne ou Belle Zebuth et leurs équipes répondent aux doux noms de Duchesses, Divines Machines ou Unnamed Bitches…
Créé par et pour les femmes, popularisé par le film Bliss, le roller derby est autant un sport qu’un état d’esprit, marqué par une forte sororité. Son slogan, “no balls in roller derby” (pas de boules dans le roller derby), renvoie le machisme au vestiaire. Tous les gabarits et toutes les conditions physiques trouvent leur place dans cette discipline, où l’humour et l’irrévérence se conjuguent à une grande rigueur et à des heures d’entraînement.

Nulle ne pouvait mieux rendre compte de cette ambiance de bagarre, de rigolade et de sueur que Margaïd Quioc. Elle-même joueuse de roller derby avec six saisons passées sur les patins, cette journaliste est aussi réalisatrice d’un documentaire sur le sujet, Révolution Roller Girls.

Léger, piquant et drôle, ce reportage nous a donné le sourire et de l’énergie à revendre ! Il illustre également une de nos thématiques de prédilection : le dépassement de soi pour aller plus loin, plus haut, plus fort. Car le sport a aussi été une des grandes conquêtes des droits des femmes, un lieu où elles ont pu laisser s’exprimer leur goût de la compétition, leur corps libre et puissant.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #26 en juillet 2018


Mexique

Les Patronas domptent “la bête”

Récit de Raphaël Laurent. Photographies de Mahé Elipe / Hans Lucas

Pour rejoindre le rêve porté par la bannière étoilée, des Latino-Américain·e·s affrontent mille dangers et beaucoup n’arrivent pas à destination. Certain·e·s, venu·e·s du Mexique, du Guatemala, du Salvador ou du Honduras, tentent de rejoindre la frontière, accroché·e·s à un long train de marchandises surnommé la Bestia (la bête). Au milieu des années 90, Norma Romero et ses sœurs ont entendu ces migrant·e·s crier avoir faim. Dès le lendemain, elles ont attendu le train pour offrir des haricots et des tortillas. Les semaines, les mois suivants, ces femmes ont créé une formidable chaîne de solidarité dans leur région de Guadalupe, organisé les dons, les cuisines, les groupes de distribution. Elles ont tenu bon face aux intimidations policières et malgré la désapprobation de quelques hommes du village. Leur mouvement spontané, honoré de plusieurs prix des droits humains, attire aujourd’hui des volontaires de nombreux pays.

Ce reportage proposé par Mahé Elipe a par la suite été publié dans d’autres journaux, dont Next, le magazine de Libération en octobre 2019. Il fait écho à tous les drames de l’exil mais aussi à ces mouvements citoyens qui se créent pour aider les migrant·e·s et les réfugié·e·s, là-bas, mais aussi chez nous.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #23 en janvier 2018


Kenya

Étoiles du bidonville

Récit et photographies de Fredrik Lerneryd

L’équipe de Femmes ici et ailleurs a eu un coup de cœur pour ce reportage dont nous avions découvert quelques photos dans la presse étrangère. Nous avons rapidement contacté Fredrik Lerneryd, photographe suédois vivant à Nairobi, la capitale du Kenya, et tout s’est enchaîné très vite.

C’est l’histoire de la petite académie de ballet du bidonville de Kibera, le plus grand d’Afrique avec plus de 250 000 habitant·e·s. L’histoire d’un danseur revenu dans son pays pour travailler avec ces enfants déshérité·e·s. Chaque mercredi, elles et ils débarrassent une salle de classe, balayent le sol de terre, enfilent leurs costumes colorés et dansent durant une heure et demie. Un ballet classique… au cœur d’un bidonville africain. Les meilleur·e·s, repéré·e·s par Cooper Rust, une danseuse américaine très engagée pour les enfants de Kibera, se sont produit·e·s sur la scène de l’un des plus grands théâtres d’Afrique pour une représentation de Casse-Noisette qui restera dans les mémoires.

Une expérience qui a donné du bonheur à ces enfants démuni·e·s et,au-delà, les a conduit·e·s à croire en leur potentiel. Un reportage magnifique qui donne aussi à voir les ressources, individuelles et collectives, injustement gâchées par la pauvreté.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #22 en novembre 2017


Birmanie

Les Rohingyas à l’épreuve de la survie

Récit d’Anne-Lise Fantino. Photographies de Bruno Amsellem/Divergence

En Birmanie, les Rohingyas, des musulman·e·s qui vivent dans des camps de déplacé·e·s de l’Arakan, au nord-ouest, font partie, d’après l’ONU, des minorités les plus persécutées de la planète. Au mois de mars 2013, le centre du pays connaît aussi des affrontements interreligieux. Pour survivre et faire face à l’oppression, des femmes luttent au quotidien.

C’est dans ce contexte qu’Anne-Lise Fantino et Bruno Amsellem ont réussi, malgré les entraves à la libre circulation des journalistes, à réaliser ce reportage exclusif, texte et photos, pour Femmes ici et ailleurs. Cette enquête de terrain a été l’une des toutes premières consacrées à la lutte des femmes Rohingyas, au cœur de cet enfer.

Ce grand reportage a été mis à l’honneur en septembre 2014 à Perpignan, lors de Visa pour l’image. Cette édition du plus prestigieux festival de photojournalisme au monde a permis à des dizaines de milliers de personnes de découvrir les photos rapportées de Birmanie pour Femmes ici et ailleurs, qui avaient été sélectionnées parmi vingt-huit autres reportages réalisés dans l’année, publiés dans des titres aussi prestigieux que Time, Stern ou encore National Geographic. Une belle reconnaissance.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #4 en septembre 2013


France

Bergères, les nouveaux visages des montagnes

Récit et photographies de Laurence Fleury

Dans les trois vallées d’Ossau, Aspe et du Barétous, dans les Pyrénées, la moitié des cabanes fromagères ne sont accessibles qu’à pied, en moyenne à plus d’une heure de marche de la route. Les plus éloignées sont situées à plus de trois heures. Il y a trente ans, le métier de berger·ère était presque exclusivement masculin. Aujourd’hui, près de la moitié des cabanes d’estive en Béarn sont occupées par des femmes, en couple ou en famille, en équipe ou seules. Les bergères restent tout l’été en montagne et font le même travail pastoral que les hommes. La profession rajeunit et séduit bon nombre de citadines, par passion et choix militant d’une vie différente.

Malgré les difficultés matérielles et les stéréotypes, ces bergères au caractère bien trempé sont parvenues à gagner le respect des habitant·e·s de ces vallées et ont même donné un nouveau souffle à une profession ancestrale.

Nous avons immédiatement été séduit·e·s par le remarquable travail de longue haleine de Laurence Fleury. Parce qu’il traite de la mixité professionnelle, de la nécessité d’une agriculture à taille humaine et respectueuse de l’environnement, mais aussi de la ruralité : là où vivent des femmes qui sont souvent les grandes oubliées des politiques publiques.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #16 en septembre 2016


Italie

Les dockeuses de Palerme

Récit d’Aurélie Darbouret. Photographies de Patrice Terraz/Divergence

S’il y a un métier qui demeure la chasse gardée des hommes en France, c’est celui de docker. Aucune dockeuse dans nos principaux ports à l’époque, certains syndicalistes se demandant même si elles auraient le droit d’exercer ce métier… Ce reportage d’Aurélie Darbouret et Patrice Terraz nous emmène sur une terre réputée plus machiste que la nôtre : la Sicile. Dans le port de Palerme, en 2000, quatorze pères ont passé le relais à leurs filles. Leurs débuts furent délicats, leurs confrères ne les accueillant pas avec bienveillance. Jongler entre les horaires de travail contraints et flexibles, leur rôle de mère et d’épouse, est un défi de tous les jours. Pourtant, elles n’entendent renoncer ni à l’un, ni à l’autre. Au fil du temps, ces dockeuses se sont imposées dans cette profession difficile et d’autres femmes ont grossi les rangs à Cagliari, Naples, Gênes.

Ce très beau travail est le premier grand reportage de Femmes ici et ailleurs consacré à une question qui nous est chère : la mixité professionnelle. Nous avons publié aussi une grande enquête sur ce sujet en septembre 2019 et, dans chaque numéro, une double page présente des professionnelles dans des métiers dit “masculins”, ainsi que l’inverse.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #10 en mars 2015


Inde

Bhopal, trente ans de luttes

Récit d’Anne-Lise Fantino. Photographies de Bruno Amsellem/Divergence

En 1984, l’Inde connaissait la plus grande catastrophe industrielle de son histoire. Dans la nuit du 2 au 3 décembre, l’explosion de l’usine de production de pesticides Union Carbide causait, selon les associations de victimes, plus de 20 000 mort.e.s. Aujourd’hui, entre 500 000 et 800 000 personnes seraient concernées par la pollution des sols et de l’eau. Les taux de maladies (cancers et malformations multiples) et de mortalité, infantile et maternelle, sont deux fois supérieurs au reste du pays.

Face à l’indifférence générale, des militantes s’impliquent pour un meilleur accès aux soins et demander justice. Deux rescapées, Champa Devi Shukla et Rasheeda Bee, se sont vu décerner en 2004 le Goldman Prize, l’équivalent du prix Nobel de l’environnement. Leur lutte est devenue emblématique de celles des citoyen·ne·s contre des multinationales, pour faire appliquer le principe du pollueur-payeur. Un combat toujours d’actualité, avec des femmes qui refusent aussi que ce dossier judiciaire soit refermé.

Ce grand reportage d’Anne-Lise Fantino et Bruno Amsellem est le premier consacré dans nos pages à la place des femmes dans la lutte pour l’environnement, un des thèmes de prédilection développés dans Femmes ici et ailleurs.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #9 en septembre 2014


Syrie

Les femmes de la révolution, le combat des rebelles

Récit de Mike Giglio. Photographies d’Olivier Voisin, Édouard Elias, Joseph Eid et divers photojournalistes.

Dès le début du soulèvement, en 2011, les Syriennes ont participé aux manifestations pacifiques. Lorsque le conflit est devenu sanglant, les hommes sont devenus majoritaires sur les lignes de front. Ce reportage met l’accent sur le rôle fondamental des femmes au cœur de cette guerre : elles font alors entrer illégalement des fonds, des médicaments et des armes dans les villes assiégées ; elles assurent la transmission des renseignements ; elles gèrent des hôpitaux de campagne et des centres de presse clandestins ; elles organisent l’aide humanitaire. Nous avons voulu publier ce reportage pour combler un vide souligné par Rafia Salemah, activiste et journaliste syrienne : “Les médias ne couvrent que ce qui se passe en première ligne, on ne voit plus que les hommes aujourd’hui. Pourtant nous sommes toujours là, actives et nombreuses.

Olivier Voisin, photographe de guerre indépendant, nous a envoyé ses photos de retour de Syrie. Puis il est reparti pour couvrir la suite du conflit. Il a été blessé par des éclats d’obus. Il est mort le 24 février 2013. Édouard Elias est reparti également. Il a été enlevé au nord d’Alep en juin 2013, en compagnie de Didier François. Ils passeront onze mois dans les geôles djihadistes.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #2, mars 2013


Bolivie

Les cholitas se hissent sur le devant de la scène

Texte et photographies de Delphine Blast

cholitas bolivie communauté

Il y a les cartes postales et les images des catalogues des agences de voyage, qui montrent ces costumes traditionnels singuliers, très colorés, surmontés d’un petit chapeau melon. Et il y a la réalité de la vie de ces femmes, indigènes et pauvres. Il y a quelques années à peine, les cholitas formaient encore une communauté méprisée et réduite aux basses besognes. Au prix d’un long combat, elles ont conquis leur place dans la société bolivienne, investi tous les secteurs de l’économie, revendiqué leur identité et leur indépendance. Désormais, la cholita est un symbole de la Bolivie. Et leur émancipation, un modèle pour les Boliviennes et les peuples indigènes du monde entier.

Depuis l’origine, Femmes ici et ailleurs porte une attention particulière à la situation et aux combats des femmes des peuples autochtones, dont la diversité est une richesse de notre patrimoine mondial. Nous avons beaucoup à apprendre de ces communautés, en particulier de ces femmes, qui sont souvent en première ligne de la défense de leur identité. Nous sommes honoré·e·s de collaborer depuis plusieurs années avec la journaliste Anne Pastor pour mettre en avant sa série de portraits, La voix des femmes autochtones, dans chaque numéro.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #28 en novembre 2018


France

À nous aussi, les cafés et l’espace public ! Collectif Place aux femmes

Récit de Lynda Zerouk. Photographies de Dragan Lekić / Hans Lucas

À Aubervilliers, fortement marquée par son passé ouvrier, le café est une tradition. Cette ville populaire accolée à Paris compte plus d’une centaine de bistrots. Cependant, la quasi-totalité de ces lieux de rencontre et de proximité sont le domaine des hommes, phénomène particulièrement visible en été, avec les terrasses. En avril 2011, une vingtaine d’habitantes de la ville et des alentours ont lancé Place aux femmes, collectif informel qui rassemblait trois ans plus tard plus de 160 membres : retraitées et actives, militantes associatives et citoyennes, de toutes origines. Plusieurs fois par mois, elles se retrouvent dans un bistrot, entre copines, pour se réapproprier l’espace. Une initiative qui a essaimé bien au-delà des portes des cafés.

Femmes ici et ailleurs a toujours voulu proposer une information qui s’intéresse à tous les territoires de France, sur un plan d’égalité. Il s’agit ici du deuxième reportage consacré à l’action des femmes des quartiers populaires. Ce sujet, proposé par Lynda Zerouk et Dragan Lekić, nous a immédiatement plu parce qu’il mettait en valeur toutes les richesses de la diversité et montrait qu’il était possible de militer et de s’engager dans le plaisir et la joie partagés.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #9 en septembre 2014


Tibet – Inde – Allemagne

Sabriye Tenberken : un autre regard

Récit de Sundar Kumar. Photographies de Paul Kronenberg

Au Tibet, un·e enfant aveugle est vu·e comme une punition divine infligée à une famille. Elles et ils vivent en marge de la société, beaucoup finissent dans la rue. Alertée par cette situation, l’Allemande Sabriye Tenberken, devenue aveugle très jeune, développe, seule, le premier braille tibétain. En 1998, malgré son handicap et les barrières imposées aux étranger·ère·s par les autorités chinoises, Sabriye Tenberken parvient à ouvrir une école pour les jeunes aveugles au Tibet.

Depuis, l’établissement a accueilli plus de 150 enfants, qui y apprennent le tibétain, le braille, l’anglais, le chinois, les maths et la musique et peuvent ensuite être formé·e·s à un métier. Sabriye Tenberken leur a permis de sortir de leur isolement, mais surtout, leur a donné les moyens et la confiance en elles et en eux pour trouver leur place dans la société.

Depuis 2009, désormais à la tête de l’Institut Kanthari, au sud de l’Inde, Sabriye Tenberken développe une armée de révolutionnaires peu conventionnel·le·s : des personnes en situation de handicap venues du monde entier, qui vont reproduire et développer cette expérience dans de nombreux pays.
Un énorme coup de cœur pour un personnage hors normes, une amie exceptionnelle de Femmes ici et ailleurs.

Publié dans Femmes ici et ailleurs #11 en juin 2015

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